Publié le 21 octobre 2025 12h17. Le nouveau film autrichien « Mother’s Baby » explore avec une rare franchise les zones d’ombre de la maternité, loin des clichés habituels, en mêlant drame psychologique et éléments de thriller.
- Le film aborde des aspects souvent tabous de la période post-partum, comme les complications physiques et le sentiment d’isolement.
- Johanna Moder, la réalisatrice, s’inspire de son propre vécu pour dépeindre la perte de contrôle et la remise en question identitaire que peuvent engendrer les premiers mois avec un enfant.
- « Mother’s Baby » sortira dans les salles autrichiennes le 24 octobre et sera présenté dans le podcast cinéma de FM4 le 27 octobre.
Dans « Mother’s Baby », Julia et Georg semblent mener une vie idéale. Ils sont jeunes, beaux, financièrement stables et célèbrent l’arrivée prochaine de leur enfant dans un manège du Prater viennois, symbole d’une joie intense. Mais cette image idyllique se fissure rapidement après la naissance. La réalisatrice Johanna Moder, qui a coécrit le scénario avec Arne Kohlweyer, dépeint une réalité bien plus complexe et parfois déconcertante que celle habituellement montrée au cinéma.
Loin des scènes édulcorées, le film n’hésite pas à montrer les aspects les plus difficiles de l’accouchement et de la convalescence. « J’ai été surprise par le manque d’informations fournies aux futures mères sur le processus d’accouchement », explique Moder, mère de deux enfants. « C’était une tentative de montrer qu’accoucher peut aussi être une horreur totale. » Comme Andreas Prochaska dans « Welcome Home Baby », elle brise les tabous en présentant des scènes crues et réalistes, comme la suture après une déchirure périnéale ou le conseil donné à Julia d’uriner directement sur le lit d’accouchement.
Le film se concentre sur le chaos intérieur de Julia, interprétée par Marie Leuenberger, plutôt que sur le désordre matériel souvent associé à l’arrivée d’un bébé. Alors que tout semble parfait de l’extérieur – on aperçoit même un sac du concept store viennois M. et Mme Klein – Julia se sent seule, irritée et assaillie par des doutes. Pourquoi son bébé dort-il autant ? Pourquoi ne pleure-t-il presque jamais ? Est-ce vraiment son enfant ?
Ces interrogations sont renforcées par l’ambiance de thriller que Moder injecte progressivement au récit. Claes Bang, dans le rôle du médecin de la clinique privée, contribue à cette atmosphère troublante. Lorsque Julia exprime ses inquiétudes, il minimise ses craintes en invoquant les fluctuations hormonales post-partum et propose de parler seul à Georg. Le chef d’orchestre, autrefois sûr de lui, semble alors disparaître, éclipsé par le rôle de maman de Julia.
« Mother’s Baby » aborde des sujets rarement évoqués au cinéma, comme les saignements abondants et prolongés après l’accouchement, l’ennui ressenti lors des longues journées passées seule avec un bébé, ou la perte d’identité professionnelle pendant le congé maternité. Le film souligne également le manque de compréhension et de soutien dont peuvent souffrir les jeunes mères.
En fin de compte, « Mother’s Baby » est une plongée troublante et captivante dans la psyché d’une femme confrontée aux réalités complexes de la maternité. Johanna Moder nous projette sur une autre planète, loin des clichés et des illusions, et nous laisse avec un sentiment de malaise et de questionnement.
Johanna Moder sera l’invitée du podcast cinéma de FM4 (0h-1h) le 27 octobre. « Mother’s Baby » sort dans les cinémas autrichiens le 24 octobre.

Film des boucaniers

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