Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle adaptation du conte du Petit Chaperon Rouge, inspirée par l’œuvre de Carmen Martín Gaite, explore les thèmes de la liberté et de l’immigration à travers le prisme de Manhattan contemporaine.
L’adaptation théâtrale du conte du Petit Chaperon Rouge, façonnée par l’esprit de l’écrivaine espagnole Carmen Martín Gaite, se déroule dans le New York actuel. L’auteure s’est inspirée de l’énergie vibrante de la ville, telle qu’elle l’avait ressentie dans les années 80, pour donner vie à une version du conte qui résonne avec les préoccupations contemporaines.
L’objectif principal de cette réécriture était de capturer un sentiment de mouvement perpétuel, un voyage en temps réel qui rapproche le spectateur de l’histoire. « Je cherchais un voyage comme celui de ces deux petits chaperons rouges, un récit qui se déroule quasiment en temps réel, ce qui est peut-être ce qui rend une histoire plus proche », explique l’adaptatrice. Pour atteindre cet effet, l’histoire est racontée du point de vue du Petit Chaperon Rouge, un personnage plus proactif, intelligent et direct que l’original.
L’adaptation s’éloigne de la structure fragmentée du roman original pour privilégier une narration fluide et continue. Elle intègre également un langage plus contemporain, reflétant la manière dont les jeunes gens parlent aujourd’hui. L’auteure a puisé son inspiration dans les conversations spontanées qu’elle a entendues dans les rues de Manhattan, reconnaissant l’influence de l’oreille attentive de Carmen Martín Gaite aux dialogues de la vie quotidienne. Elle a cherché à moderniser cette oralité, à la rendre plus ancrée dans le quotidien, évoquant l’image d’un sandwich et d’une canette de bière.
Au-delà de la simple transposition du conte, l’adaptation aborde des thèmes plus profonds, notamment la perte de liberté dans un pays traditionnellement perçu comme un bastion de la liberté. L’auteure souligne la peur réelle qui menace non seulement les immigrés, mais aussi les fondements de la démocratie. Dans ce contexte, le loup de l’histoire prend une nouvelle dimension : il devient l’agent d’immigration, tapi dans l’ombre, guettant les Mexicains, les Colombiens, les Guatémaltèques.
L’adaptation s’inspire davantage de la version des frères Grimm que de celle de Perrault, présentant un loup moins stéréotypé. Loin d’être un méchant ogre, M. Wolf est décrit comme un personnage impulsif, mais capable de danser et de chanter, voire même un peu coquette et espagnol. Il est dépeint comme un loup bienveillant, soucieux du bien-être de la grand-mère, qu’il aide à se relever de son fauteuil devant la télévision pour la sortir de sa solitude. L’auteure aspire à offrir une fin heureuse, à l’image des contes de Noël.
L’auteure invite le public à s’immerger dans l’atmosphère de New York, à flâner dans Central Park, à admirer les lumières et à écouter les musiques. « Sortez ! Regardez les lumières ! Écoutez les chansons ! Miranfu ! »
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