Publié le 29 novembre 2023 09:17:00. L’ASIC, l’organisme de réglementation australien, durcit le ton envers les fonds de pension, exigeant une amélioration significative du soutien et de l’information offerts aux futurs retraités. Ce changement de cap marque une nouvelle phase dans la surveillance du secteur et pourrait inciter les épargnants à revoir leur choix de fonds.
- L’ASIC ne se contente plus de donner des conseils, elle fixe des attentes claires et contraignantes pour les fonds de pension.
- Les fonds doivent désormais placer la retraite au cœur de leur mission et adapter leurs services aux besoins spécifiques de chaque épargnant.
- Les épargnants sont encouragés à évaluer la qualité des services offerts par leur fonds et à envisager un changement si nécessaire.
Le récent « Pulse Check » de l’ASIC (Australian Securities and Investments Commission) marque un tournant dans la manière dont l’organisme supervise les fonds de pension australiens. Contrairement aux années précédentes, où le rapport se limitait à des recommandations d’amélioration, cette édition est perçue comme un avertissement clair : les fonds doivent impérativement améliorer leurs services aux futurs retraités. Simone Constant, commissaire de l’ASIC responsable des retraites, a confirmé qu’il s’agit d’un changement délibéré visant à redéfinir les attentes de l’ensemble du secteur.
« On s’attend désormais à ce que les fonds placent la retraite au centre de leur objectif, comprennent correctement leurs cohortes de membres et améliorent la qualité du soutien qu’ils offrent », a déclaré Constant. « L’objectif est de garantir que les participants puissent participer à leur retraite en toute confiance et en connaissance de cause. »
Ce changement de cap intervient dans le contexte de l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2022, de l’accord sur le revenu de retraite. Ce dernier impose aux fonds de pension d’élaborer une stratégie de revenu de retraite adaptée aux membres approchant ou en retraite, et pas seulement de proposer une simple pension basée sur un compte. L’ASIC souligne que cette obligation légale doit guider toutes les actions des fonds envers leurs membres à cette étape cruciale de leur vie.
Constant insiste sur le fait que les lacunes ne se limitent pas aux petits fonds ou aux acteurs moins connus. L’ASIC constate des retards généralisés, touchant des fonds de toutes tailles, qu’ils soient issus du secteur public ou privé, nouveaux ou anciens. Elle précise que la retraite ne doit pas être considérée comme un service optionnel, mais comme l’objectif principal du système. Les administrateurs ne peuvent donc pas négliger l’éducation, le soutien et les services de qualité offerts aux membres retraités, sous prétexte que leur mise en place est difficile, complexe ou coûteuse.
Simone Constant, commissaire de l’ASIC.Crédit: Louise Kennerley
Qu’est-ce que cela signifie pour ceux qui approchent de la retraite ?
La plupart des Australiens, même ceux qui approchent de la retraite, ne réalisent pas encore pleinement l’importance de ces changements. Beaucoup attendent d’avoir besoin de puiser dans leur épargne ou de verser des cotisations supplémentaires vers l’âge de 50 ans pour se préoccuper de leur fonds de pension.
Ils ne se rendent compte d’un problème qu’en cas de mauvaise expérience – un centre d’appels difficile à joindre, des conseils insatisfaisants, une procédure compliquée pour accéder à leur compte, ou une difficulté à comprendre les options de revenu à la retraite. C’est alors seulement qu’ils commencent à se demander si leur fonds est réellement proactif.
Il est donc essentiel de porter une attention accrue à ces questions. Les fonds de pension ne se contentent pas de gérer votre argent, ils façonnent la manière dont vous l’utiliserez, influencent vos décisions et déterminent, en fin de compte, la qualité de vie que vous aurez pendant les 20 ou 30 dernières années de votre vie.
Il est temps que les Australiens se comportent davantage comme des clients et exigent des organisations qui gèrent leur épargne-retraite qu’elles assurent un avenir financier serein.
Comment savoir si votre fonds est à la traîne
1. Votre fonds vous connaît-il vraiment ? Les fonds performants utilisent des données solides et une segmentation précise pour adapter leur communication à chaque épargnant, en fonction de son âge et de sa situation. Si votre fonds envoie toujours le même message à tout le monde, c’est un signe qu’il n’est pas à la hauteur.
2. Vous offrent-ils des outils de retraite réellement utiles ? Les leaders du marché proposent des outils interactifs de modélisation du revenu de retraite, des calculateurs et des parcours numériques pour aider les épargnants à visualiser leur avenir financier. Si votre fonds se contente de vous demander de télécharger un PDF ou d’appeler un numéro de téléphone, il est probablement dépassé.
3. Vous aident-ils avant que vous n’ayez besoin de conseils formels ? Les bons fonds proposent volontiers des ressources éducatives de qualité, des webinaires, des vidéos explicatives et des conseils personnalisés bien avant de vous inciter à recourir à un conseiller financier. Ils encouragent l’autonomie et l’information, plutôt que de faire du conseil leur unique voie d’accès à la connaissance.
4. Leur communication sur la retraite est-elle claire, simple et inclusive ? L’examen de l’ASIC a révélé qu’aucun fonds n’avait de communication spécifique sur la retraite destinée aux membres vulnérables. Si votre fonds peut produire une campagne publicitaire sophistiquée, mais pas un guide de retraite en langage clair, c’est un signal d’alarme.
5. Pouvez-vous facilement joindre quelqu’un à six à douze mois de votre retraite ? Un fonds préparé à la retraite dispose de numéros de téléphone dédiés, de temps d’attente raisonnables et d’une procédure claire pour ouvrir un compte de retraite. Si vous ne trouvez pas le bon numéro sur le site web ou si la file d’attente est interminable, vous n’êtes probablement pas dans un fonds qui se prépare à la vague de départs à la retraite.
Bec Wilson est l’auteure du best-seller Comment avoir une retraite épique et du nouveau livre Prime Time : 27 leçons pour la nouvelle quarantaine. Elle anime une newsletter hebdomadaire sur epicretirement.net et le podcast Prime Time avec Bec Wilson.
- Les informations contenues dans cet article sont d’ordre général et ne doivent pas être considérées comme des conseils financiers personnalisés. Il est recommandé de consulter un professionnel avant de prendre toute décision d’investissement.