À Hollywood, la frontière entre rêve et réalité s’estompe, et parfois, cette réalité prend la forme inattendue de cerfs sauvages. Une rencontre qui, pour un habitant de Los Angeles, a ravivé un traumatisme d’enfance lié à un film d’animation classique et déclenché une étrange quête d’affection animale.
Peu après avoir emménagé dans les collines de Los Angeles, l’auteur a aperçu un groupe de quatre cerfs évoluant avec grâce sur le flanc d’une colline. Une vision qui l’a immédiatement transporté dans son enfance. « J’ai été étonné, non seulement parce que c’était Los Angeles, mais aussi parce que j’étais enchanté par les cerfs depuis que j’avais vu Bambi à six ans », confie-t-il.
Bambi, un film de Disney qui a marqué toute une génération d’Américains, a eu un impact particulièrement fort sur lui. Loin d’être une expérience réconfortante, le film a laissé une cicatrice émotionnelle profonde. « Ils étaient censés nous enseigner la vie et la mort. Plutôt, Bambi m’a appris que ma mère allait me être enlevée à tout moment et que je resterais orphelin, essayant de survivre grâce à la seule pensée magique », explique-t-il. L’impact fut tel qu’une thérapie par hypnose fut nécessaire pour atténuer cette angoisse.
Paradoxalement, cette expérience traumatisante a ancré en lui une fascination pour les cerfs, qu’il percevait désormais comme des créatures d’une innocence absolue. Leur apparition mensuelle dans son quartier devenait un événement attendu avec impatience. Il passait des heures à les observer, captivé par leur présence paisible. Il partageait même des vidéos sur Instagram, où les réactions étaient souvent déconcertantes. « Vermine », répondait-on parfois, ou encore « Dites au revoir à votre jardin fleuri ». Ces commentaires ne l’affectaient pas. Il ressentait une connexion particulière avec ces animaux sauvages.
Cette connexion, il la décrivait comme une forme de compréhension mutuelle, une reconnaissance de la peur partagée. Mais il aspirait à plus qu’une simple observation. Il voulait gagner leur confiance, leur affection. « J’avais besoin qu’ils aiment moi », avoue-t-il. Il imaginait qu’il pouvait leur offrir un refuge, un lieu sûr où ils ne craindraient pas de perdre leur mère, contrairement à ce qu’il avait ressenti en regardant Bambi.
Il compare cette quête d’affection à ses propres difficultés relationnelles. « Le cerf est comme l’homme évitant en ce sens : ne faites pas de mouvements brusques, faites comme si je m’en fichais, évitez tout contact visuel direct afin de ne pas déclencher leur réaction de combat ou de fuite, et ne jamais jamais faire le premier pas », conclut-il avec une pointe d’ironie.
À lire aussi
