Un incendie majeur a ravagé un entrepôt d’artistes de 150 ans dans le quartier de Red Hook à Brooklyn le 17 septembre, mobilisant plus de 200 pompiers et mettant en lumière les progrès considérables réalisés en matière de sécurité incendie aux États-Unis, malgré des risques persistants.
L’alerte a été donnée tôt le matin, les sirènes résonnant dans tout le quartier. Bien qu’aucun blessé grave ne soit à déplorer, l’incendie, l’un des plus importants de New York cette année, a potentiellement détruit les œuvres de plus de 500 artistes.
Cet événement tragique a incité à une réflexion sur l’évolution de la lutte contre les incendies urbains. L’histoire regorge d’exemples de conflagrations dévastatrices : l’incendie de Rome en 64 après J.-C., le grand incendie de Londres en 1666 décrit par Samuel Pepys, ou encore le grand incendie de Chicago en 1871 qui a laissé 100 000 personnes sans abri. Plus récemment, le Bronx à New York a été ravagé par des incendies quasi constants dans les années 1970, détruisant 80 % des logements du quartier en une décennie.
Si le feu reste une menace, notamment pour les bâtiments anciens, les statistiques révèlent une amélioration significative de la sécurité incendie. Depuis 1980, le taux de mortalité par incendie civil par habitant a diminué d’environ deux tiers, passant d’environ 28,6 décès par million de personnes à environ 11 en 2023. Le nombre total d’incendies signalés a également été divisé par deux, et le nombre de blessés a diminué de plus de la moitié.
Cette évolution est le fruit de multiples avancées. L’alarme de fumée, par exemple, est un élément de sécurité essentiel. Alors qu’elle a été inventée dès 1890, moins d’un quart des foyers américains en étaient équipés en 1977. Aujourd’hui, elles sont présentes dans la grande majorité des habitations, et leur présence réduit d’environ 60 % le risque de décès par incendie à domicile. Les normes de construction actuelles exigent également des systèmes interconnectés, avec des alarmes dans chaque chambre, et un contrôle régulier de leur bon fonctionnement est crucial.
L’installation de systèmes d’arrosage automatique représente une autre avancée majeure. Le taux de mortalité par incendie est réduit de 90 % dans les bâtiments équipés de ces systèmes. Ils sont désormais obligatoires dans la plupart des nouvelles constructions multifamiliales et des immeubles d’appartements.
Des matériaux plus sûrs et des normes plus strictes en matière de sécurité électrique et de chauffage ont également contribué à réduire les risques. L’adoption d’une norme nationale de résistance à la fumée pour les meubles rembourrés en 2021, inspirée d’un code californien existant, limite la propagation des incendies. De plus, la diminution du tabagisme et l’introduction de cigarettes dites « sécurisées », moins susceptibles de s’enflammer, ont permis de réduire considérablement le nombre d’incendies liés au tabac.
Enfin, les améliorations apportées aux équipements de chauffage, comme les dispositifs d’arrêt automatique et les commandes de température, ont permis de réduire les incendies liés au chauffage d’un tiers entre 2010 et 2019.
Ces progrès, fruit d’une accumulation de petites améliorations et de réglementations, ont sauvé d’innombrables vies. Cependant, des disparités subsistent. Les décès par incendie sont plus fréquents dans les maisons, en particulier chez les personnes âgées, les personnes handicapées et les ménages à faible revenu, où les alarmes de fumée peuvent être manquantes ou défectueuses.
Par ailleurs, la menace des incendies de forêt, exacerbée par le changement climatique, représente un nouveau défi pour les villes américaines. Mais malgré ces risques émergents, les habitations et les bâtiments américains sont aujourd’hui beaucoup moins vulnérables aux incendies mortels qu’autrefois.
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