L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans les salles de classe allemandes, suscitant à la fois enthousiasme et interrogations chez les enseignants. Un sommet dédié à l’IA à Berlin a rassemblé des éducateurs venus de tout le pays pour explorer comment intégrer au mieux ces nouvelles technologies dans leur pédagogie.
Organisé par Diana Knodel, directrice générale de l’initiative « App Camps » et de la société fobizz, l’événement a permis aux enseignants d’échanger sur les défis et les opportunités liés à l’IA. L’objectif principal, explique Knodel, est de « créer un espace où les enseignants peuvent s’inspirer, se soutenir et s’encourager mutuellement à utiliser l’IA ».
Un des freins majeurs à l’adoption de l’IA réside dans l’appréhension de certains enseignants, qui ne savent pas toujours comment l’intégrer concrètement dans leur enseignement ou qui se sentent déjà débordés par leurs tâches. Cependant, des initiatives prometteuses émergent, comme celle de Meike Howein, une enseignante berlinoise qui a créé une matière optionnelle intitulée « LeKI » – « Apprendre avec l’IA » – dans son lycée.
Ce cours vise à donner aux élèves les bases nécessaires pour comprendre l’IA : fonctionnement des algorithmes, des réseaux de neurones, notion d’« hallucination » de l’IA, et impacts concrets de ces technologies. « Ne vous efforcez pas de le rendre parfait », encourage Meike Howein, qui se considère comme une source d’inspiration pour ses collègues.
Plusieurs Länder allemands expérimentent déjà des outils d’IA, comme le chatbot telli, développé par le FWU, l’institut commun des médias des États. Telli peut aider les enseignants à préparer leurs cours et offrir aux élèves un interlocuteur virtuel pour approfondir leurs connaissances de manière interactive et personnalisée. Disponible à Brême, Brandebourg, Bade-Wurtemberg, Hesse et désormais dans le Schleswig-Holstein depuis le 10 novembre, telli est présenté par la ministre de l’Éducation Doris Stenke (CDU) comme un outil moderne pour alléger la charge de travail des enseignants et promouvoir une utilisation critique et constructive de l’IA.
Bien que considéré comme une version de base par certains experts, telli n’est qu’un premier pas. Le FWU a récemment sélectionné un consortium pour développer un « système intelligent adaptatif » (AIS) destiné à accompagner individuellement les élèves dans leur apprentissage. Une première version de l’AIS devrait être disponible d’ici décembre 2026 pour un niveau scolaire, deux matières et deux types d’écoles, grâce au financement du programme DigitalPakt.
L’enthousiasme suscité par ce sommet témoigne de la volonté des enseignants de se former en continu pour rester à la pointe des nouvelles technologies. « L’IA est désormais pertinente dans tous les domaines de l’école », souligne Diana Knodel, appelant à une plus grande visibilité de ces initiatives et à l’organisation d’événements similaires à l’avenir.
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