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Comment Wien Modern célèbre le Mick Jagger de l’avant-garde – DiePresse.com

by Antoine Girard

Publié le 7 novembre 2023 14h44. Le compositeur Pierluigi Billone a reçu le Prix de composition Erste Bank, tandis qu’Helmut Lachenmann, figure majeure de l’avant-garde musicale, a été célébré par le Klangforum Wien dans une soirée exceptionnelle au Konzerthaus.

  • Pierluigi Billone s’est vu décerner le Prix de composition Erste Bank pour son œuvre « ME », une exploration sonore et une méditation sur le deuil.
  • Helmut Lachenmann, qui fêtera ses 90 ans le 27 novembre, a participé à un hommage musical intitulé « Deux sentiments », explorant les défis et les merveilles de la communication.
  • Le Klangforum Wien, sous la direction d’Emilio Pomárico, a interprété des œuvres de Lachenmann et de Billone avec une précision et une sensibilité remarquables.

Une soirée au Konzerthaus a rendu hommage à deux figures marquantes de la musique contemporaine. L’événement a mis en lumière le travail de Pierluigi Billone, lauréat du Prix de composition Erste Bank, et a célébré l’œuvre d’Helmut Lachenmann, compositeur dont l’influence sur la musique d’aujourd’hui est indéniable.

L’œuvre de Billone, « ME », a particulièrement marqué les esprits. L’auditeur est invité à une écoute attentive, presque fragile, où chaque son, même le plus discret, prend une importance particulière. Les chocs sourds sur une planche suspendue, le frottement des pierres, les chœurs délicats – tout concourt à créer une atmosphère de deuil et de contemplation. On écoute, selon l’expression, comme à travers un voile sombre.

L’hommage à Helmut Lachenmann a pris la forme d’une performance de « Deux sentiments », une œuvre qui explore les complexités de la communication. Lachenmann lui-même a participé en tant que narrateur, impressionnant par sa précision et son autorité calme. Sa présence a rappelé son parcours d’innovateur, toujours en quête de nouvelles façons de faire résonner le son et de provoquer l’écoute.

L’interprétation du Klangforum Wien, sous la direction d’Emilio Pomárico, a été saluée pour son élégance et sa précision. L’ensemble a su rendre justice à la complexité des partitions de Lachenmann et de Billone, offrant une mosaïque sonore riche en surprises. Certains ont cependant estimé qu’une plus grande puissance sonore aurait pu amplifier l’impact de l’œuvre de Lachenmann, souvent comparé à un Mick Jagger de l’avant-garde.

Un souvenir particulier a été évoqué : en 2003, Walter Kobéra, avec sa Neue Oper Wien, avait osé s’attaquer à l’une des œuvres les plus exigeantes de l’époque, « La Fille aux allumettes » de Lachenmann. Walter Raffeiner, alors orateur, avait dû improviser, sortant un aide-mémoire de sa poche pour se souvenir du texte fragmenté et complexe de Léonard de Vinci mis en musique par Lachenmann. Un exemple de résilience et de virtuosité face à un défi de taille.

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