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Comparer les itinérants aux « moufettes » : un « raccourci verbal maladroit » de Lachance – Radio-Canada

Stéphane Lachance, chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Québec, a présenté ses excuses vendredi après avoir comparé les personnes itinérantes à des moufettes lors d'une entrevue. Ses propos, visant à critiquer l'inefficacité du démantèlement des campements…

Le parallèle controversé entre l'itinérance et les moufettes

Stéphane Lachance, chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Québec, a présenté ses excuses vendredi après avoir comparé les personnes itinérantes à des moufettes lors d’une entrevue. Ses propos, visant à critiquer l’inefficacité du démantèlement des campements dans le quartier Saint-Roch, ont suscité l’indignation de plusieurs élus et citoyens.

L’incident a débuté lors d’un entretien accordé au Journal de Québec, où l’élu de Val-Bélair s’est exprimé sur la situation précaire à la place de l’Université-du-Québec. Dans ce secteur de Saint-Roch, les campements de personnes en situation d’itinérance sont fréquents, et Lachance a remis en question la stratégie d’intervention de la Ville de Québec et du service de police.

Le parallèle controversé entre l’itinérance et les moufettes

Pour illustrer son point de vue sur le cycle répétitif des campements, Stéphane Lachance a utilisé une image animalière. Selon Radio-Canada, l’élu a soutenu que déplacer un campement sans régler le problème de fond revient à capturer une moufette pour la relocaliser en forêt, loin de l’endroit où elle nuit, sans que cela ne règle la situation à long terme.

L’argumentation de Lachance reposait sur l’idée que le simple fait de tasser les personnes itinérantes ne fait que transférer la détresse sans la traiter, menant inévitablement à un retour des occupants sur les lieux quelques semaines plus tard.

Cette comparaison a toutefois été perçue comme déshumanisante. Étienne Grandmont, député solidaire de Taschereau, a dénoncé des propos propageant de lourds préjugés, soulignant que ce type de discours est particulièrement dérangeant lorsqu’il émane du chef d’une formation politique municipale.

Le recul et la mise au point de l’opposition officielle

Conscient de la portée de ses mots, Stéphane Lachance a rapidement tenté de rectifier le tir. Dans une déclaration écrite diffusée quelques heures après la publication de l’article, il a reconnu avoir utilisé un raccourci verbal maladroit qui n’a pas rendu justice à sa pensée.

Une image que j’ai utilisée hier en entrevue a heurté. Je le reconnais sans détour. Mon propos ne portait ni jugement ni comparaison sur la dignité des personnes en situation d’itinérance.

Stéphane Lachance, chef de l’opposition officielle, via BLVD 102.1

Pour l’élu, l’itinérance doit être traitée comme une crise humaine et de santé mentale exigeant une réponse d’humain à humain. Il a insisté sur le fait que les personnes vivant dans les campements ont souvent perdu espoir et qu’une aide concrète est nécessaire pour qu’elles retrouvent une place active dans la société.

Les solutions proposées : entre logements et sécurité

Au-delà de la polémique, l’opposition officielle propose une approche structurée pour sortir de l’impasse actuelle. Stéphane Lachance s’appuie sur trois leviers principaux pour répondre à l’urgence sociale :

  • Le soutien psychosocial : Le déploiement de travailleurs sociaux formés, présents directement dans la rue et connectés au réseau de santé.
  • La sécurité publique : Une présence policière accrue pour garantir la sécurité tant des citoyens que des personnes vulnérables.
  • L’accès au logement : Un effort structurant sur lequel son équipe de recherche travaille activement.

L’une des pistes concrètes évoquées par Lachance consiste à rénover l’ancienne centrale de police Victoria pour y loger la population itinérante, transformant ainsi un bâtiment institutionnel en ressource d’hébergement.

La critique du coût des minimaisons à Beauport

L’analyse de l’opposition s’étend également aux projets déjà lancés par la Ville. Stéphane Lachance a exprimé de vives réserves concernant le projet de minimaisons à Beauport, inauguré en août 2025. Le point de friction majeur est financier : le coût d’une seule unité est estimé à 400 000 $.

Selon Radio-Canada, l’élu juge ce montant exagéré. Il soutient que ce type de logement devrait être une récompense pour ceux qui ont réussi à s’en sortir, plutôt qu’une solution pour des personnes en pleine crise ou en situation de détresse aiguë, pour lesquelles ce cadre ne serait pas adapté.

Cette critique met en lumière un débat plus large sur l’allocation des ressources publiques : faut-il investir dans des infrastructures coûteuses et permanentes ou privilégier des solutions de transition plus massives et moins onéreuses ?

Alors que l’opposition s’engage à présenter prochainement ses propositions détaillées en matière de logement, la gestion des campements de Saint-Roch demeure un point de tension politique majeur à Québec, où la frontière entre la gestion de l’ordre public et l’intervention humanitaire reste fragile.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.