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Compléments alimentaires : Les professionnels contestent un amendement du

by Nicolas Lefèvre
Le monopole contesté sur les compléments alimentaires

La Chambre des représentants a adopté début juin 2026 le projet de loi n° 27.26 modifiant le Code du médicament. Si le texte vise à moderniser le secteur, un amendement à l’article 30 déclenche la colère des professionnels des compléments alimentaires, qui dénoncent un monopole commercial accordé aux pharmacies.

Le monopole contesté sur les compléments alimentaires

Le monopole contesté sur les compléments alimentaires
Photo: Ordre National des Pharmaciens
Une modification proposée de l’article 30 de la loi n° 17-04, adoptée par la première chambre début juin 2026, place les acteurs du secteur des compléments alimentaires dans une situation d’incertitude. Selon La Vie Éco, cet amendement accorderait aux pharmacies un droit exclusif de vente pour les produits décrits comme ayant un effet thérapeutique. La Coalition des entreprises du secteur des compléments alimentaires a réagi par la signature d’une pétition anti-monopole. Ce groupement, soutenu par 10 associations professionnelles et 150 entreprises, dont 10 laboratoires fabricants, demande le retrait immédiat de cette modification avant son passage en seconde chambre. L’impact économique redouté par la Coalition est massif. Le groupement estime que la mesure frapperait :
  • Plus de 5 000 entreprises actives dans le secteur.
  • Environ 40 000 emplois directs.
  • 80 000 emplois indirects.
Les professionnels soutiennent que les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments, mais des produits liés à l’alimentation. Ils rappellent que ces produits sont déjà encadrés par la loi n° 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et contrôlés par l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA).

Les objectifs de la réforme du Code du médicament

Les objectifs de la réforme du Code du médicament
Photo: LesEco.ma
Loin de se limiter à la question des compléments alimentaires, le projet de loi n° 27.26 s’inscrit dans une volonté de souveraineté sanitaire. Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a précisé que ce texte ne constitue pas une révision globale, mais apporte des amendements ciblés pour aligner le Maroc sur les standards internationaux. Comme le rapporte Hespress Français, le texte a été adopté à la majorité avec 120 votes positifs, zéro vote négatif et 50 abstentions. Les axes prioritaires de cette réforme incluent :
  • Le renforcement du système de pharmacovigilance pour surveiller les effets indésirables des médicaments.
  • L’amélioration du contrôle du marché après la mise en vente pour garantir la qualité des produits.
  • La modernisation du système d’autorisation des médicaments.
  • L’optimisation de la gestion des urgences sanitaires.
Le gouvernement souhaite ainsi consolider le rôle de l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) en matière de réglementation et de contrôle, tout en intensifiant la lutte contre les médicaments contrefaits.

Le conflit sur la définition de l’effet thérapeutique

Le conflit sur la définition de l'effet thérapeutique
Photo: Hespress Français – Actualités du Maroc
Le point de friction majeur réside dans l’absence de définition scientifique précise de la notion d’effet thérapeutique. La Coalition des entreprises du secteur souligne que les dosages de vitamines et minéraux appliqués au Maroc sont souvent inférieurs aux normes en vigueur en Europe ou aux États-Unis. L’argument central des opposants est qu’aucune donnée sanitaire n’a été présentée pour justifier un risque général qui nécessiterait un monopole de distribution. Ils mettent en garde contre l’utilisation de préoccupations de santé publique pour exclure les parapharmacies, les boutiques en ligne et les commerces spécialisés.

Les zones d’ombre : prix et accessibilité

Si la majorité parlementaire voit dans ce texte un levier pour stabiliser le secteur, l’opposition et certains analystes pointent des lacunes persistantes. Selon LesEco.ma, la réforme renforce l’arsenal de contrôle de l’AMMPS, mais reste muette sur la question cruciale du prix des médicaments. Cette omission alimente les interrogations sur la capacité du texte à répondre aux problématiques concrètes des citoyens, notamment l’accessibilité financière des traitements dans un contexte de hausse des coûts de santé et de tensions d’approvisionnement. L’enjeu pour les 30 prochains jours sera de déterminer si la seconde chambre modifiera l’article 30 pour répondre aux pressions de la Coalition ou si elle confirmera l’exclusivité pharmaceutique, ce qui redéfinirait durablement la chaîne de valeur des produits de santé au Maroc.

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Les zones d'ombre : prix et accessibilité

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