Publié le 19 décembre 2025 à 23h27. L’Union européenne a validé un plan d’aide de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, mais l’utilisation des avoirs russes gelés reste un point de blocage, suscitant des réactions mitigées au sein des institutions européennes.
- L’UE s’engage à soutenir financièrement l’Ukraine avec un prêt de 90 milliards d’euros (99,8 milliards de dollars américains).
- L’idée d’utiliser les avoirs russes gelés pour financer cette aide n’a pas été retenue, au grand dam de certains États membres.
- Manfred Weber, chef du Parti Populaire Européen (PPE), insiste sur la nécessité pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique face à un contexte international changeant.
Le compromis trouvé vendredi soir par les 27 chefs d’État et de gouvernement européens marque une étape importante dans le soutien à l’Ukraine, confrontée à la guerre menée par la Russie. Ce plan de financement, qui prend la forme de prêts contractés conjointement, vise à assurer la stabilité économique du pays et à lui permettre de faire face aux défis posés par le conflit.
Cependant, l’absence d’accord sur l’utilisation des avoirs russes gelés – estimée à plus de 210 milliards d’euros (226,5 milliards de dollars américains) – déçoit certains, notamment l’Allemagne et la Commission européenne, qui plaidaient pour cette solution. La Belgique a bloqué cette proposition, invoquant des risques juridiques et financiers, tandis que d’autres pays, comme la France et l’Italie, exprimaient également des réserves.
Manfred Weber a exprimé sa déception face à cette décision, estimant qu’il s’agissait d’une occasion manquée de faire payer la Russie pour les dommages causés en Ukraine. Il a déclaré :
« Une chose est claire pour moi : la Russie doit payer pour les dégâts qu’elle a causés en Ukraine. J’aurais donc aimé que nous utilisions cet argent maintenant. »
Manfred Weber, vice-président-chef du PPE
Malgré ce désaccord, M. Weber se dit convaincu que la décision européenne enverra un signal fort à Moscou. « La question clé pour Moscou est la suivante : l’Ukraine sera-t-elle abandonnée ou l’Europe continuera-t-elle à se tenir aux côtés de l’Ukraine ? », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la nécessité pour l’UE de devenir plus autonome et de ne plus dépendre excessivement des États-Unis, en particulier dans le contexte d’une possible évolution de la politique américaine sous la présidence de Donald Trump.
« L’Europe est-elle désormais prête à assumer de nouvelles responsabilités ? », s’est interrogé M. Weber, appelant à une réforme des procédures de prise de décision au sein de l’UE afin de surmonter les blocages, notamment ceux posés par le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Il a plaidé pour le développement de « méthodes alternatives » pour permettre à l’Europe d’agir plus efficacement et de renforcer sa résilience.
Cet article est une adaptation d’un reportage diffusé dans le journal ZDFheute Journal le 19 décembre 2025 à 22h00, et disponible en ligne depuis 19h37.
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