Publié le 22 novembre 2025 à 23h01. Une dispute sur la prononciation du Sauvignon Blanc par une star espagnole et des tensions sociales dans le vignoble français ont marqué l’actualité de la semaine, tandis que des changements réglementaires majeurs se profilent en Argentine.
- Un critique de vin espagnol a critiqué la prononciation française du cépage Sauvignon Blanc par la chanteuse Rosalía.
- Des manifestations de vignerons mécontents dans le sud de la France ont dégénéré en actes de vandalisme.
- L’Argentine s’apprête à abroger près de 1 000 réglementations vitivinicoles, une décision controversée.
L’actualité viticole de cette semaine a été marquée par des événements contrastés, allant d’une polémique linguistique inattendue à des tensions sociales vives dans le sud de la France. Parallèlement, l’Argentine s’apprête à opérer une réforme radicale de sa réglementation vitivinicole.
La semaine a débuté avec des manifestations de vignerons mécontents dans le sud de la France, qui ont rassemblé jusqu’à 4 000 personnes et 7 000 syndicalistes dans les rues de Béziers le samedi précédent. Ces protestations ont malheureusement été émaillées d’incidents violents, notamment des intrusions et des dégradations dans un magasin Lidl, ainsi que des actes de vandalisme contre un négociant local, Divipro, situé à Nissan-lez-Ensérune. Les manifestants ont également détruit un radar routier, une tradition lors de ces mouvements sociaux ruraux.
Dans un registre plus léger, la journée du Beaujolais Nouveau, célébrée le jeudi précédent, a donné lieu à de nombreux articles écrits par des spécialistes du vin et des journalistes.
Un critique espagnol remet en question la prononciation du Sauvignon Blanc
La question de la prononciation correcte des noms de cépages et de vins continue de susciter le débat. Faut-il adopter la prononciation de ses pairs ou s’en affranchir ? Le critique de vin espagnol Santi Rivas a pris position sur cette question lors d’une intervention sur la radio nationale espagnole Gastro SER. Il a estimé que la chanteuse Rosalía devrait renoncer à prononcer “Sauvignon Blanc” à la française et opter pour une prononciation espagnole avec un “c” dur.
Cette intervention fait suite à la sortie du dernier album de Rosalía, intitulé Lux, qui contient une chanson intitulée “Sauvignon Blanc”, dédiée, selon de nombreux observateurs, aux vins de Sancerre.
« Sauvignon Blanc / À tes côtés / Mon avenir / Sera doré / Je n’ai plus peur / Du passé / C’est au fond / De mon verre de / Sauvignon Blanc »
Rosalía, extrait de la chanson “Sauvignon Blanc”
Il est largement admis que Rosalía s’est intéressée au vin, et plus particulièrement au Sancerre, grâce au musicien américain Pharrell Williams. Santi Rivas a également mentionné que la chanteuse était une admiratrice du producteur réputé Vacheron, tout en reconnaissant que le Sauvignon Blanc n’était pas son cépage préféré (« nous cultivons un peu [en Espagne…] ce qui existe est de mauvaise qualité »).
Il a cependant exprimé son appréciation pour certains vins de Rueda, citant notamment Dagueneau et Pascal Cotat (“J’aime aussi ces vins-là”). Il s’est montré plus critique envers la production de Sauvignon Blanc en Nouvelle-Zélande, qu’il a jugée « assez horrible ».
Bordeaux confrontée à une baisse des prix fonciers
Les prix des terres viticoles à Bordeaux sont en baisse, selon les experts, et cette tendance devrait se poursuivre dans les principales appellations. Une récente présentation des experts immobiliers locaux Une Villa et des Vignes a révélé une forte baisse des prix des terres viticoles génériques (Bordeaux, Côtes de Bordeaux et le Médoc).
« Le prix du foncier dans l’AOC Bordeaux est en baisse constante depuis 2018 », a déclaré Michel Lachat, directeur girondin de l’organisation nationale d’aménagement du territoire rural SAFER, au site d’information viticole français Vitisphere. « Nous ne sommes pas dans une crise que nous n’avions pas vue venir. »
Cette baisse des prix affecte désormais également les appellations prestigieuses telles que Pauillac, Saint-Julien, Margaux et Saint-Estèphe. Le prix moyen de l’hectare à Pauillac, estimé à 3,5 millions d’euros, connaît une baisse significative, et pourrait encore diminuer.
La situation est également préoccupante dans le Libournais, où les vignes en plaine chutent à 100 000 €/ha, et les prix demandés sur le plateau sont divisés par deux. Christophe Chateau, porte-parole de l’Union viticole de Bordeaux, a souligné que les grandes appellations souffrent également de la crise, bien que les arrachages de vignes soient moins fréquents.
Il s’agit actuellement d’un marché favorable aux acheteurs, les vendeurs ayant des attentes élevées et les acheteurs faisant des offres inférieures à leurs prétentions.
Casauria obtient le statut de DOCG
Bruxelles a approuvé l’élévation de la sous-région de Montepulciano d’Abruzzes, Casauria, au rang supérieur de DOCG. Casauria rejoint ainsi les sous-zones de Collines de Teramo et Tulum en tant que DOCG.
La zone de production de Casauria DOCG comprend les communes de Bolognano, Castiglione a Casauria, Cugnoli, Pietranico, Scafa, San Valentino in Abruzzo Citeriore, Torre de’ Passeri et Turrivalignani, ainsi que des parties des communes voisines, toutes situées dans la province de Pescara, au pied du massif du Gran Sasso.
Selon Alessandro Nicodemi, président du Consortium pour la protection des vins des Abruzzes, cette décision témoigne d’une orientation vers la qualité dans la région. Casauria devient la 79ème DOCG et la 412ème DOP (appellation) d’Italie.
L’Espagne domine le marché du vin en vrac
À l’approche de la 17e édition du Bulk Wine Expo à Amsterdam (24 et 25 novembre), l’Espagne confirme sa position de leader dans l’exportation de vin en vrac, représentant près de 40 % des exportations mondiales. Au cours du premier semestre 2025, les caves espagnoles ont exporté 6 millions d’hectolitres (600 millions de litres) pour une valeur de 302 millions d’euros, bénéficiant de prix 12 % plus élevés qu’en 2024 en raison de la récolte mondiale plus faible de l’année précédente.
La Nouvelle-Zélande et l’Italie se disputent la deuxième place en valeur, tandis que les exportations australiennes en vrac ont augmenté de 15 % grâce à une hausse des ventes vers les États-Unis.
Un groupe viticole soutient la déréglementation en Argentine
Suite à l’annonce de l’abrogation de 973 réglementations vitivinicoles par l’organisme national du vin argentin, l’INV, à partir du 1er janvier 2026, l’association des caves du pays, Bodegas de Argentina, a exprimé son soutien à cette décision. L’organisation estime que la législation actuelle constitue un « obstacle au libre développement de l’industrie et une augmentation des coûts pour l’État et les établissements vinicoles ».
Walter Bressia, président de Bodegas de Argentina, a déclaré que les nouvelles règles de contrôle, axées sur la phase finale de commercialisation, ne présentent aucun risque pour la qualité ou la sécurité du produit. Cette position contraste avec les inquiétudes exprimées par l’inspecteur de l’INV, Marcelo González, qui a souligné que la surveillance serait réduite et que la santé publique pourrait être compromise.
L’INV a cependant assuré que la réglementation continuerait à protéger les consommateurs. L’Argentine possède 200 000 hectares de vignobles, contre 117 000 hectares pour le Chili, mais les deux pays produisent le même volume de vin, soit environ 900 millions de litres par an. Bodegas de Argentina estime que la réduction des formalités administratives encouragera la production.
La publication industrielle EnoLife suggère que les craintes des consommateurs en matière de sécurité ont été renforcées par les commentaires négatifs d’autres associations et coopératives viticoles du pays. Le ministre argentin de la déréglementation de l’État, Federico Sturzenegger, a réaffirmé que la réglementation devrait « bénéficier aux producteurs honnêtes ».
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