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Dakota Fanning dans le film d’horreur fastidieux de Paramount+

by Antoine Girard

Publié le 11 octobre 2024 17h10. Le réalisateur Bryan Bertino, connu pour son film d’horreur à domicile « The Strangers », explore les méandres de la psyché humaine avec « Vicious », un thriller psychologique qui plonge le spectateur dans l’isolement et la paranoïa d’une jeune femme tourmentée.

  • « Vicious » suit Polly, interprétée par Dakota Fanning, alors qu’elle est confrontée à des hallucinations et à des visions troublantes.
  • Le film, initialement prévu pour une sortie en salles, est désormais disponible sur la plateforme de streaming Paramount+.
  • Bertino adopte une approche minimaliste, se concentrant sur l’atmosphère et l’exécution formelle plutôt que sur l’explication des causes de la souffrance de Polly.

Après avoir marqué les esprits avec « The Strangers », où un couple était terrorisé par des inconnus masqués, Bryan Bertino continue d’explorer les recoins sombres de l’âme humaine à travers des œuvres d’horreur intimistes. Son dernier film, « Vicious », se distingue par son détachement et son audace à ne pas chercher à apitoyer le spectateur.

Le film met en scène Polly, une jeune femme visiblement déprimée, assaillie par des hallucinations dont l’origine et la raison restent floues. Bertino ne cherche pas à susciter la sympathie pour son personnage, incarné par Dakota Fanning, ni à donner un sens clair à sa détresse. Cette approche brute, axée sur la forme, risque toutefois de laisser le public sur sa faim.

L’ouverture du film présente Polly baignée d’une lumière rouge, accompagnée d’un monologue intérieur évoquant un désespoir profond, voire des pensées suicidaires. L’impression que quelque chose la ronge persiste tout au long du film, alors que Polly, recluse pendant les fêtes de fin d’année, se prépare sans enthousiasme à un entretien d’embauche et tente de rassurer sa mère inquiète au téléphone.

Si ces premiers moments créent une ambiance pesante, le film accélère rapidement le rythme, plongeant Polly dans des hallucinations fébriles. « Vicious » ambitionne de rendre hommage aux classiques de l’horreur psychologique tels que « Repulsion » et « Rosemary’s Baby » de Roman Polanski, mais adopte une approche plus abrupte. Au lieu d’une descente progressive dans la folie, le film enchaîne les visions troublantes, peinant parfois à maintenir le rythme.

Un tournant survient lorsque Polly reçoit un mystérieux paquet d’une vieille femme énigmatique (interprétée par Kathryn Hunter). Le paquet contient un sablier et une série de défis obscurs : donner à la boîte « quelque chose que vous détestez, quelque chose dont vous avez besoin, quelque chose que vous aimez ». Cette instruction pousse Polly à confronter ses traumatismes les plus profonds, ce qui donne lieu à des scènes macabres et à l’apparition d’inconnus inquiétants qui la terrorisent avant de disparaître.

Bien que ces images d’horreur soient familières, « Vicious » parvient à maintenir une atmosphère oppressante pendant un certain temps. La maison de Polly, immense et isolée, semble se situer aux confins de l’univers. L’isolement du personnage est renforcé par le fait qu’elle est surprise de devoir brièvement se rendre chez un voisin pour chercher de l’aide. Mais lorsque cet inconnu est lui-même pris de folie, se blessant au visage et renvoyant Polly dans son isolement, il semble qu’aucun autre dénouement n’aurait été plus logique. Le film laisse planer le doute quant à savoir si l’ensemble de l’histoire se déroule dans l’esprit de Polly.

Cette incertitude se confirme lorsque Polly commence à être hantée par des visions de ses proches. Bertino s’abstient délibérément de développer le passé de son personnage, une limitation auto-imposée qui empêche le film de réellement pénétrer dans son psychisme, mais qui souligne davantage son isolement. Une scène particulièrement marquante montre un appel téléphonique entre Polly et sa mère qui se transforme en un cauchemar, la voix maternelle se muant en une entité sinistre. Le réalisateur utilise cette astuce à plusieurs reprises, les rares personnages secondaires offrant brièvement à Polly un semblant de chaleur avant de se révéler comme des vecteurs de la force maléfique qui la tourmente. La performance intense et vulnérable de Dakota Fanning donne vie à ces moments, traduisant la perte de confiance de Polly et sa peur de la trahison en une profonde haine de soi.

Cependant, « Vicious » reste avant tout une œuvre engourdissante. Le film accumule les scènes d’horreur sans parvenir à construire une narration cohérente qui corresponde à la profondeur de l’introspection de Polly. Il se transforme en une succession d’événements aléatoires et dénués de sens, sans élément central pour le recentrer. Si la cruauté est au cœur de l’horreur, il est essentiel de réussir ses effets.

« Vicious » est disponible sur Paramount+.

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