Publié le 16 janvier 2026 18:11:00. Le télescope spatial James Webb continue de surprendre les astronomes : une nouvelle étude révèle que les mystérieux « petits points rouges » observés dans les galaxies lointaines pourraient être de jeunes trous noirs en pleine croissance, cachés derrière un épais nuage de gaz.
- Une équipe internationale de chercheurs a identifié une explication probable pour ces objets brillants et énigmatiques détectés par le télescope James Webb.
- Les « petits points rouges » (LRD) seraient des trous noirs plus petits qu’on ne le pensait, entourés d’un « cocon » de gaz qu’ils absorbent pour grandir.
- Cette découverte pourrait éclairer une phase précoce et jusqu’alors inconnue de la formation des trous noirs dans l’univers primitif.
Dès sa mise en service, le télescope spatial James Webb (JWST) a détecté dans des galaxies très lointaines une famille d’objets brillants et inexpliqués, rapidement surnommés les « petits points rouges » (LRD). Ces objets défiaient les modèles astronomiques existants et leur nature restait un mystère. Une première hypothèse suggérait qu’il pourrait s’agir de trous noirs exceptionnellement massifs ou de jeunes galaxies riches en étoiles, mais leur comportement ne correspondait pas à ces scénarios.
Une étude publiée en juin 2025 par l’Université de Copenhague, et confirmée par une nouvelle recherche parue dans la revue Nature, apporte désormais des éléments de réponse. Les chercheurs ont analysé en détail une douzaine de galaxies, en combinant ces données avec des informations provenant de 18 autres, afin de reconstituer l’évolution des LRD au fil du temps.
L’analyse de la lumière émise par ces objets révèle que le rayonnement ne provient pas directement du trou noir lui-même, mais de photons diffusés lors de leur interaction avec les électrons présents dans les nuages de gaz denses qui les entourent. Cette matière gazeuse bloque les rayons X et les ondes radio, transformant la lumière en un spectre spécifique qui explique leur couleur rouge caractéristique.
« Les petits points rouges sont de jeunes trous noirs, cent fois moins massifs qu’on ne le pensait auparavant, enveloppés dans un cocon de gaz qu’ils consomment pour se développer »,
Darach Watson, co-auteur de l’étude (Université de Copenhague)
Lorsque le gaz est absorbé par le trou noir, il forme un disque ou un entonnoir en rotation. Cette matière, accélérée à des vitesses extrêmes, est comprimée et atteint des températures de plusieurs millions de degrés, générant une intense luminosité. Cependant, selon Darach Watson, seule une petite partie du gaz est effectivement absorbée : « La majeure partie est expulsée par les pôles lors de la rotation du trou noir. C’est pourquoi nous appelons les trous noirs des “mangeurs désordonnés”. »
Rodrigo Nemmen, astronome à l’Université de São Paulo, qui n’a pas participé à l’étude, estime que cette explication est la plus plausible : « Il s’agit probablement d’un objet dense et compact qui convertit l’énergie gravitationnelle du gaz en lumière : un trou noir supermassif. »
Bien que cette recherche représente une avancée significative, certaines questions restent sans réponse. Les chercheurs ne savent pas encore pourquoi les rayons X détectés sont si faibles. Des observations supplémentaires seront nécessaires pour confirmer si cette « phase cocon » est courante et pour mieux comprendre le rôle qu’elle joue dans l’évolution des trous noirs et des galaxies. Rodrigo Nemmen souligne également la nécessité d’études complémentaires avec des échantillons plus importants pour valider ces résultats et approfondir notre compréhension de ces objets fascinants.
Édité par Jose Urrejola, avec des informations de l’EFE, de l’Université de Copenhague, de l’IFLScience et de Live Science
À ne pas manquer
