Publié le 15 janvier 2026 à 22h26. Caracas mise sur une réforme de sa loi sur les hydrocarbures pour attirer les investissements étrangers, dans un contexte de rapprochement prudent avec les États-Unis après la chute de Nicolás Maduro.
- Le président par intérim Delcy Rodríguez a présenté un projet de réforme de la loi sur les hydrocarbures intégrant les directives de la loi anti-blocus de 2020.
- Cette réforme vise à faciliter la participation des capitaux étrangers dans l’industrie pétrolière, une demande formulée par Washington.
- Delcy Rodríguez affirme être prête à un dialogue diplomatique avec les États-Unis, tout en défendant la souveraineté du Venezuela et son droit à entretenir des relations diversifiées.
Caracas s’engage sur une voie de réformes économiques audacieuses, en espérant relancer son secteur pétrolier vital. Le gouvernement par intérim, dirigé par Delcy Rodríguez, a dévoilé jeudi un projet de loi visant à moderniser le cadre juridique régissant les hydrocarbures, une initiative perçue comme une tentative de normalisation des relations avec les États-Unis après des années de tensions et de sanctions.
La réforme s’appuie notamment sur la loi anti-blocus, adoptée en 2020, qui permettait de contourner les sanctions américaines en autorisant les investissements sous régime de confidentialité. Selon Delcy Rodríguez, cette loi sera intégrée au nouveau texte pour encourager les investissements étrangers. Elle a exhorté les législateurs à adopter rapidement ces changements, soulignant qu’ils permettraient d’attirer des capitaux tout en préservant la souveraineté nationale et en allouant les revenus à des secteurs clés.
Cette annonce intervient alors que l’administration de Donald Trump exerce une pression croissante sur le Venezuela pour qu’il s’aligne sur sa vision de l’avenir du pays. Les ressources issues des ventes de pétrole, a précisé Delcy Rodríguez, seront destinées à renforcer le système de santé, à promouvoir le développement et à financer des projets d’infrastructures, un secteur en déclin depuis des années. Les hôpitaux vénézuéliens, en particulier, sont confrontés à une pénurie chronique de matériel médical, obligeant les patients à subvenir eux-mêmes à leurs besoins, des seringues aux implants chirurgicaux.
Malgré cette ouverture, le gouvernement vénézuélien affiche une certaine fermeté vis-à-vis de Washington. Delcy Rodríguez a affirmé être prête à un dialogue diplomatique, mais a également souligné qu’elle n’avait pas peur d’une confrontation.
« Nous savons qu’ils sont très puissants, nous savons qu’ils constituent une puissance nucléaire mortelle, mais nous n’avons pas peur de les affronter diplomatiquement, par le biais d’un dialogue politique, le cas échéant. »
Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela
Elle a également affirmé sa détermination à défendre la dignité du Venezuela sur la scène internationale.
« Si un jour c’était mon tour, en tant que président par intérim, d’aller à Washington, je le ferai debout, en marchant, pas en traînant. »
Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela
Le Venezuela revendique également son droit à entretenir des relations avec divers partenaires internationaux, notamment la Chine, la Russie, Cuba et l’Iran, en plus des États-Unis.
Cette approche équilibrée reflète les tensions internes auxquelles est confronté le gouvernement Rodríguez, tiraillé entre les pressions de Washington et l’opposition de certains secteurs des forces de sécurité, qui restent fidèles à l’idéologie anti-impérialiste de ses prédécesseurs, Hugo Chávez et Nicolás Maduro.
Parallèlement à ces développements, l’administration Trump a rencontré jeudi Maria Corina Machado, figure de proue de l’opposition vénézuélienne, dont le parti est largement considéré comme le vainqueur des élections de 2024. De plus, le gouvernement Rodríguez a annoncé la poursuite de la libération des prisonniers politiques détenus sous le mandat de Maduro.
L’avenir de la réforme de la loi sur les hydrocarbures reste incertain, mais elle représente un pas important vers une possible normalisation des relations entre le Venezuela et les États-Unis. La situation est d’autant plus délicate que Nicolás Maduro, actuellement détenu dans une prison de Brooklyn, a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue.
Avant le discours de Delcy Rodríguez, des partisans du gouvernement avaient été autorisés à pénétrer dans le palais présidentiel, où ils ont scandé des slogans en faveur de Maduro, qui, selon le gouvernement, reste le président légitime du pays.
L’accord pétrolier entre Donald Trump et le Venezuela est déjà en marche.
Agences AFP et AP
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