Home SantéDes chercheurs de l’hôpital universitaire d’Iéna veulent réduire les tests sur les animaux

Des chercheurs de l’hôpital universitaire d’Iéna veulent réduire les tests sur les animaux

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2025 14h00. Des chercheurs de l’Université d’Iéna développent des « puces » biologiques miniatures capables de reproduire des infections humaines, ouvrant la voie à une réduction significative des expérimentations animales et à une meilleure compréhension des maladies.

  • L’Université d’Iéna a recruté le professeur Alexander Mosig, expert en méthodes alternatives aux expérimentations animales.
  • La start-up Dynamic 42, issue des recherches de l’UKJ, commercialise cette technologie innovante.
  • L’objectif est de recréer des processus pathologiques humains en laboratoire pour améliorer la recherche et le développement de médicaments.

L’Université d’Iéna est à l’avant-garde d’une nouvelle approche de la recherche médicale, s’appuyant sur des modèles miniaturisés d’organes humains plutôt que sur des tests sur animaux. Ces « biopuces », d’à peine la taille d’une lame de microscope, contiennent des cavités, des réservoirs et des micro-canaux où circule un liquide semblable au sang. Elles permettent de cultiver des cellules humaines – issues de la muqueuse intestinale, des poumons ou du foie – ainsi que des cellules immunitaires, recréant ainsi un environnement biologique complexe.

« Grâce à nos biopuces, nous pouvons recréer de manière contrôlée des infections et les processus inflammatoires et immunitaires associés », explique Alexander Mosig, biochimiste et biologiste moléculaire, nouvellement nommé professeur pour les méthodes de substitution à l’expérimentation animale à l’Hôpital universitaire d’Iéna (UKJ). Cette approche vise à pallier le manque d’alternatives appropriées aux modèles animaux, souvent utilisés pour étudier les maladies.

L’équipe du professeur Mosig étudie notamment les processus moléculaires impliqués dans la pneumonie et les maladies intestinales causées par des virus, des bactéries ou des champignons. Un intérêt particulier est porté à l’interaction entre les micro-organismes et l’organisme humain, ainsi qu’à l’influence du microbiome sur le système immunitaire lors d’infections et d’inflammations. La technologie microfluidique développée par son groupe de recherche est désormais brevetée.

La start-up d’Iéna Dynamic 42, issue des travaux de l’UKJ, rend cette technologie accessible aux chercheurs et à l’industrie sous la forme d’un système standardisé. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à réduire le nombre d’expérimentations animales, conformément au principe des 3R – Remplacer, Réduire, Raffiner – qui vise à minimiser la souffrance animale en laboratoire.

Le professeur Mosig, qui a obtenu son doctorat à Iéna sur les processus immunitaires dans l’artériosclérose et a dirigé plusieurs projets au Centre for Sepsis and Sepsis Consequences de l’UKJ, a déjà reçu plusieurs distinctions pour ses recherches sur les modèles de puces, dont le prix de recherche sur le bien-être animal de la Thuringe et le prix fédéral de recherche sur le bien-être animal. Il aurait décliné une offre de poste de professeur à l’hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf pour rejoindre l’UKJ.

À l’avenir, le professeur Mosig ambitionne de renforcer la recherche 3R à l’hôpital universitaire d’Iéna, contribuant ainsi à une approche plus éthique et plus efficace de la recherche médicale.

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