Publié le 12 avril 2025 à 9h51. À partir de 2026, les travailleurs français pourront bénéficier d’une déduction fiscale plus importante pour leurs frais de déplacement domicile-travail, une mesure qui concerne tous les modes de transport, pas seulement la voiture.
- L’indemnité kilométrique sera portée à 38 centimes par kilomètre dès le premier kilomètre, contre 30 centimes pour les 20 premiers kilomètres actuellement.
- Cette augmentation pourrait représenter une économie de 336 euros par an pour un trajet quotidien de 35 kilomètres.
- L’indemnité de déplacement, bien que critiquée pour son impact environnemental potentiel, s’applique à tous les modes de transport et ne semble pas influencer significativement le choix du lieu de résidence.
Les travailleurs qui se rendent sur leur lieu de travail peuvent bénéficier d’un allègement fiscal grâce à l’indemnité de déplacement, également appelée indemnité kilométrique. Cette allocation, qui vise à compenser les frais liés au trajet domicile-travail, va subir une revalorisation significative à partir du 1er janvier 2026. Elle concerne tous les modes de transport : voiture, vélo, transports en commun, ou encore trottinette électrique. Seuls les vols ne sont pas pris en compte.
Jusqu’à présent, le barème applicable prévoit une indemnité de 30 centimes par kilomètre pour les 20 premiers kilomètres parcourus chaque jour, et de 38 centimes au-delà. Dès 2026, ce seuil sera supprimé et l’indemnité sera uniforme à 38 centimes par kilomètre, dès le premier kilomètre. Le calcul se base sur la distance aller simple, et non sur l’aller-retour.
Prenons l’exemple d’un salarié effectuant un trajet quotidien de 35 kilomètres, sur 210 jours par an. Avec l’augmentation de l’indemnité de déplacement, il pourrait économiser 336 euros par an.
L’indemnité de déplacement est intégrée aux frais réels. Le fisc reconnaît déjà un forfait de 1 230 euros par an pour chaque salarié. Par conséquent, l’avantage fiscal ne sera perceptible que si les frais réels du contribuable dépassent ce montant. Une indemnité de déplacement plus élevée permet donc d’atteindre plus rapidement ce seuil et de bénéficier d’une réduction d’impôt.
Pour déclarer l’indemnité de déplacement, il convient de remplir l’annexe N à la déclaration de revenus. Il faut y indiquer le nombre de kilomètres parcourus. Si un itinéraire plus long est emprunté, par exemple en raison de travaux ou d’embouteillages, il est possible de le déclarer, à condition qu’il soit justifié.
L’indemnité de déplacement couvre déjà les dépenses annexes telles que les frais de stationnement ou les coûts liés à l’entretien d’un véhicule. En cas d’accident sur le trajet domicile-travail, les frais supplémentaires peuvent être pris en charge, à condition qu’ils ne soient pas couverts par l’employeur ou l’assurance.
Cette allocation est parfois critiquée pour son impact environnemental, certains estimant qu’elle encourage l’utilisation de la voiture. Cependant, elle ne se limite pas aux automobilistes.
« L’indemnité de déplacement étant indépendante du moyen de transport choisi, l’avantage fiscal pour les covoitureurs, les passagers, les usagers des transports en commun ou les cyclistes peut parfois même dépasser les coûts réels. Cela récompense un comportement respectueux de l’environnement. »
Uwe Rauhöft, membre du conseil d’administration de l’association d’aide à l’impôt sur le revenu Vereinigte Lohnsteuerhilfe (VLH)
Une étude menée en 2023 suggère que l’indemnité de déplacement n’a pas d’impact significatif sur le choix du lieu de résidence. Selon cette étude, une variation de 10 centimes par kilomètre ne modifierait la distance moyenne parcourue que d’environ 330 mètres. Même en supprimant l’indemnité, la distance moyenne parcourue par les employés ne diminuerait que de 1,8 kilomètre.
