Publié le 12 janvier 2026 à 06:37:00. Des études américaines récentes mettent en lumière le potentiel des smartphones pour aider les jeunes adultes à réduire leur consommation d’alcool et de cannabis, en s’appuyant sur la collecte de données en temps réel sur leurs habitudes.
- L’utilisation de données collectées via des questionnaires quotidiens ou des évaluations « écologiques momentanées » permet de personnaliser les interventions de prévention.
- Des interventions basées sur des messages personnalisés, envoyés par smartphone, peuvent aider à identifier les schémas de consommation et à modifier les comportements à risque.
- Les chercheurs soulignent l’importance d’adapter les interventions aux besoins spécifiques de chaque individu, notamment en tenant compte de troubles comme le TDAH.
La consommation excessive d’alcool et de cannabis reste un problème majeur de santé publique chez les jeunes adultes, entraînant des conséquences graves telles que des accidents de la route, des agressions et des blessures accidentelles. Face à ce défi, des chercheurs américains explorent de nouvelles pistes grâce aux technologies numériques et, plus précisément, aux smartphones.
Selon trois rapports publiés dans le « Journal d’études sur l’alcool et les drogues », issus des facultés de médecine de l’université de Washington, de l’université de Pittsburgh et de l’université du Texas à Arlington, les smartphones offrent un outil puissant pour collecter des données précises sur les comportements des individus dans leur environnement quotidien.
« Notre objectif était de démontrer comment les données issues d’évaluations quotidiennes et écologiques momentanées peuvent être utilisées de manière créative, en demandant aux participants de signaler leurs expériences plusieurs fois par jour pendant une période donnée », explique Anne M. Fairlie, professeure de recherche agrégée au Département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’École de médecine de l’Université de Washington. Elle ajoute :
« En rassemblant ces trois articles de recherche, il est clair que des données similaires peuvent être intégrées de manière unique dans différents types d’interventions. »
Anne M. Fairlie, professeure de recherche agrégée
Une première étude, menée par Traci M. Kennedy de l’Université de Pittsburgh, s’est concentrée sur les jeunes adultes atteints de trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) présentant un risque élevé de consommation excessive d’alcool. Les participants ont reçu des notifications régulières sur leur smartphone pour les aider à identifier les liens entre leurs symptômes de TDAH et leur consommation d’alcool. Ils ont ensuite bénéficié de retours personnalisés pour améliorer leur conscience de soi et réduire leur consommation.
Une seconde étude, dirigée par Melissa A. Lewis de l’Université du Texas à Arlington, a porté sur le développement d’une intervention en ligne complétée par des messages texte envoyés trois fois par semaine pendant huit semaines à des jeunes adultes à risque de consommation d’alcool et de cannabis. Les résultats ont montré que comprendre les motivations et les obstacles à la consommation de substances permet aux chercheurs d’adapter les messages sur les « stratégies comportementales protectrices » – c’est-à-dire les stratégies visant à modérer la consommation et à réduire les risques – pour maximiser leur efficacité.
Enfin, une troisième étude, menée par Anne M. Fairlie et ses collègues, a examiné l’utilisation des évaluations écologiques momentanées pour collecter des données en temps réel sur les envies d’alcool chez les jeunes adultes, en fonction de différents signaux et facteurs situationnels. Les participants ont répondu à plusieurs questionnaires quotidiens pendant 17 jours avant de recevoir une intervention de rétroaction personnalisée basée sur leurs données agrégées, conçue pour les aider à mieux reconnaître les déclencheurs de leur consommation.
« Un thème récurrent dans ces études est l’importance d’adapter les interventions, même si chacune utilisait une approche différente », souligne Anne M. Fairlie.
« Il existe de nombreuses façons de traduire les données d’évaluations quotidiennes et écologiques momentanées en un contenu d’intervention personnalisé, ce qui est essentiel pour faire progresser l’innovation tout en s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse. »
Anne M. Fairlie, professeure de recherche agrégée
Les chercheurs s’attendent à ce que ces avancées conduisent au développement d’interventions numériques plus innovantes et plus efficaces pour soutenir des choix et des comportements plus sains chez les jeunes adultes à risque.