Home AffairesDes messages mitigés sur l’emploi aux États-Unis maintiendront la Fed dans une attitude belliciste

Des messages mitigés sur l’emploi aux États-Unis maintiendront la Fed dans une attitude belliciste

by Amélie Bernard

La croissance de l’emploi aux États-Unis a surpris en septembre, affichant une hausse plus importante que prévu, mais cette dynamique s’explique en partie par le retour de nombreux actifs sur le marché du travail. Face à la récente inflexion de la politique monétaire américaine et à l’absence de nouvelles données économiques avant la réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) du 10 décembre, les marchés financiers anticipent désormais une première baisse des taux d’intérêt au début de l’année 2026.

Le rapport publié (avec un léger retard par rapport à sa date initiale du 3 octobre) révèle la création de 119 000 emplois non agricoles en septembre, un chiffre supérieur aux 51 000 attendus par les analystes. Les experts d’ING anticipaient déjà une tendance positive, considérant que la Réserve fédérale disposait de ces informations lors de sa décision de réduire les taux de 25 points de base, tout en adoptant un ton plus restrictif concernant les mesures futures. Cette attitude plus ferme a probablement joué un rôle dans l’évolution des anticipations du marché.

Cependant, l’ensemble des données n’est pas entièrement positif. Le rapport a été revu à la baisse de 33 000 emplois pour les deux mois précédents. La création d’emplois reste concentrée dans trois secteurs clés : les loisirs et l’hôtellerie (+47 000), le secteur public (+22 000) et les services de santé et d’éducation (+59 000). Il est important de noter que les départs à la retraite au sein de la fonction publique fédérale ne se refléteront pas dans les statistiques avant le rapport d’octobre, qui sera combiné avec celui de novembre et publié le 16 décembre.

Parallèlement, le taux de chômage a légèrement augmenté, passant de 4,3 % à 4,4 %. La croissance des salaires n’a progressé que de 0,2 % sur un mois. Ces chiffres proviennent d’une enquête distincte menée auprès des ménages, qui a révélé une augmentation de 470 000 personnes sur le marché du travail, dont seulement 251 000 ont trouvé un emploi, entraînant ainsi une hausse du chômage de 219 000. Cette enquête est généralement plus volatile que celle menée auprès des entreprises, qui fournit les données sur l’emploi non agricole.

En l’absence de nouvelles données officielles sur l’emploi avant la réunion du FOMC du 10 décembre, et en attendant la publication des chiffres de l’inflation, les marchés financiers n’évaluent actuellement qu’une probabilité de 35 % de voir la Fed réduire ses taux de 25 points de base. Cette probabilité est en hausse par rapport aux 24 % enregistrés en début de journée, avant la publication du rapport. Les investisseurs semblent accorder une attention croissante à la progression du taux de chômage. Bien que les enquêtes de conjoncture, comme le rapport ADP et les indicateurs ISM, dressent un tableau plus sombre du marché de l’emploi, il faudra davantage de signes de faiblesse pour inciter la Fed à agir dans les trois prochaines semaines.

Les indicateurs, tels que ceux présentés ci-dessus, suggèrent que la Fed pourrait être confrontée à des défis persistants en 2026. Le sentiment des travailleurs reste pessimiste quant à l’état du marché du travail, et l’expérience montre que les travailleurs perçoivent souvent les changements économiques avant qu’ils ne se traduisent dans les données officielles. Cette situation n’augure rien de bon pour les prochains rapports sur l’emploi.

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