L’odeur corporelle change après quarante ans sous l’effet d’une molécule lipidique appelée le 2-nonénal, selon des chercheurs du centre Shiseido à Yokohama. Passée la soixantaine, cette substance se concentre particulièrement sur cinq zones précises du corps qui nécessitent un nettoyage quotidien ciblé, bien que l’hygiène seule ne suffise pas à l’éliminer totalement.
L’évolution de l’odeur corporelle au fil des ans répond à un processus biologique précis. D’après des chercheurs du centre de recherche Shiseido à Yokohama, des chercheurs du centre de recherche Shiseido à Yokohama ont identifié dès avril 2001 la molécule à l’origine de ce changement : le 2-nonénal, un aldéhyde insaturé qui apparaît après quarante ans et persiste durablement sur l’épiderme.
Ce phénomène n’a aucun lien avec un défaut d’hygiène. Avec l’âge, la peau sécrète davantage d’acides gras oméga-7 en surface, et ces lipides s’oxydent au contact de l’air. Cette réaction chimique produit le 2-nonénal, un composé doté d’une odeur rance et cireuse. Publiée dans le Journal of Investigative Dermatology, l’étude montre que la concentration de cet aldéhyde augmente régulièrement à partir de la quarantaine. Les analyses menées sur des volontaires âgés de 26 à 75 ans indiquent une concentration moyenne atteignant 2,6 parties par million entre 40 et 70 ans. Ce processus touche l’ensemble des populations, un phénomène qui porte le nom de kareishū au Japon.

Le 2-nonénal cible cinq zones cutanées
La structure chimique de ce composé complique son élimination. Contrairement à la sueur classique, le 2-nonénal ne se dissout pas dans l’eau. Un nettoyant ordinaire ne parvient donc pas à l’effacer complètement de la peau, et la molécule s’accroche également aux fibres des vêtements ou des draps. L’affaiblissement progressif des défenses antioxydantes de la peau accélère cette oxydation des lipides de surface.
Passé la soixantaine, cinq zones du corps concentrent particulièrement cette molécule et réclament une attention spécifique sous la douche avec de l’eau tiède et un produit doux. La langue retient des micro-organismes et des résidus alimentaires entre ses papilles, un dépôt aggravé par la baisse de salive liée à certains traitements médicamenteux. Les narines accumulent des sécrétions lorsque les muqueuses s’assèchent. Sous les aisselles, la chaleur et l’humidité stimulent la prolifération bactérienne. Les pieds subissent la pression et l’humidité à l’intérieur des chaussures, ce qui favorise les infections fongiques entre les orteils en l’absence d’un bon séchage. Enfin, le nombril piège la sueur et les cellules mortes dans ses replis.
Limiter l’aldéhyde cutané malgré l’hygiène
L’utilisation de produits adaptés complète la toilette, bien que l’hygiène ne suffise pas à supprimer totalement l’odeur en raison de la résistance du 2-nonénal aux détergents. Pour la langue, un grattoir adapté ou une brosse souple suffit sans forcer. Les pieds et le nombril exigent un séchage minutieux, tandis qu’un déodorant accompagne la toilette sous les aisselles sans s’y substituer. Un rinçage des narines au sérum physiologique soulage les muqueuses sèches, et les peaux matures tolèrent mieux les produits surgras ou à pH neutre que les gels douche classiques.
Pour compléter la toilette quotidienne, les polyphénols du kaki, qui agissent comme des antioxydants naturels, contribueraient à réduire la présence du 2-nonénal sur l’épiderme grâce à des produits enrichis. En cas d’apparition de rougeurs, de douleurs ou de lésions persistantes aux côtés d’une senteur marquée, une consultation auprès d’un dermatologue est recommandée.