Publié le 5 décembre 2025 à 00h31. Le nouveau roman de l’Américain T.C. Boyle, publié en avant-première en Allemagne, explore les méandres d’une relation toxique avec un regard cru et sans concession.
La grande salle du Konzerthaus de Vienne était pleine à craquer, non pas pour un concert, mais pour une lecture. T.C. Boyle, l’auteur américain, y présentait son dernier livre, « No Way Home », dans le cadre d’une tournée mondiale qui a débuté le 19 novembre 2025.
Vienne n’a pas été choisie au hasard. Boyle affectionne particulièrement la ville, comme en témoignent ses fréquentes visites et son compte Instagram. En 2013, son roman « America » (titre original : « The Tortilla Curtain ») avait d’ailleurs été distribué gratuitement à la population viennoise dans le cadre de la campagne « Une ville, un livre ».
Mais c’est en Allemagne que « No Way Home » a vu le jour en premier. La version anglaise ne paraîtra qu’en mai 2026, également aux éditions Hanser Verlag.
Le roman plonge le lecteur au cœur d’un triangle amoureux destructeur, impliquant Terrence, un jeune homme surmené, Bethany, une jeune femme opportuniste, et Jesse, un ex-petit ami violent et imprévisible. L’histoire se déroule dans le Nevada, près du lac Mead, un décor aride et symbolique de la désolation émotionnelle qui s’installe.
Bethany, en quête d’une vie facile, s’immisce dans la vie de Terry, profitant de sa vulnérabilité après le décès de sa mère et de l’héritage inattendu d’une maison. Elle se présente comme sa fiancée, manipulant les situations et les personnes autour d’elle. Jesse, rongé par la jalousie, déclenche alors une spirale de violence qui menace de tout détruire.
Boyle aborde également, au fil de son récit, des thèmes plus larges tels que la fracture entre les milieux urbains et ruraux aux États-Unis, et la montée des idées d’extrême droite.
Lors de sa présentation à Vienne, l’auteur a surpris son public en apparaissant sans ses habituelles baskets rouges Converse. Il a expliqué qu’il se considérait désormais comme un homme d’âge mûr et que ses chaussures en toile ne lui offraient plus le soutien nécessaire. Il a également précisé qu’il avait abandonné le basket-ball pendant ses pauses de travail.
L’auteur, qui a étudié l’anglais, l’histoire et la littérature anglaise du XIXe siècle, a toujours cultivé un style d’écriture engagé et sans compromis. Il enseigne l’anglais à l’Université de Californie du Sud depuis 1978, où il est devenu professeur titulaire en 1986.
Boyle vit avec sa femme, Karen Kvashay, et leurs trois enfants dans une villa historique restaurée à Montecito, en Californie, qu’il a pu acquérir grâce aux droits d’auteur de son roman « The Road to Wellville » (1993).
L’auteur ne cache pas son inquiétude face à la situation politique actuelle aux États-Unis.
« Tous les scénarios d’horreur et les mauvaises blagues que j’ai produits au fil des années semblent se réaliser. »
T.C. Boyle
Il exprime sa crainte face à la montée du fascisme et à la restriction de la liberté d’expression.
Si « No Way Home » offre des passages littéraires de qualité et des descriptions saisissantes, il ne parvient pas tout à fait à atteindre la profondeur et la complexité de ses œuvres précédentes. Les personnages et leur environnement social apparaissent parfois plus clichés que dans ses romans antérieurs, et les thèmes environnementaux et sociaux, bien que présents, ne sont qu’effleurés.
Pour découvrir l’œuvre riche et variée de T.C. Boyle, il est conseillé de se tourner vers des titres tels que « Blue Skies », « The Light » et « Dr. Sex ».
« No Way Home » de T.C. Boyle, roman, 382 pages, 2025 Hanser Verlag, à partir de 29,50 €.
Angela Szivatz est auteure, animatrice et blogueuse (“Grand-mère du cerisier”). Elle écrit sur la littérature actuelle pour Newsflix. Elle vit à Vienne. Son premier roman policier « Tödliches Gspusi » a été publié cette année.
