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d’icône du cinéma aux avertissements de l’islamisation française

by Antoine Girard

Publié le 30 décembre 2025 à 00h36. La mort de Brigitte Bardot, figure emblématique du cinéma français, a révélé les profondes divisions politiques qui traversent la France, entre hommage à une icône culturelle et critiques virulentes liées à ses prises de position d’extrême droite.

  • Brigitte Bardot est décédée à l’âge de 91 ans dans sa résidence du sud de la France, laissant derrière elle une carrière cinématographique légendaire et un héritage controversé.
  • Ses déclarations répétées contre les immigrés, les étrangers et les musulmans, qui lui ont valu plusieurs condamnations pénales, continuent de susciter la polémique.
  • Les hommages se multiplient à droite, tandis que les réactions à gauche sont plus nuancées, soulignant la complexité de son personnage public.

L’annonce du décès de Brigitte Bardot a suscité une vive émotion en France et à l’étranger. Actrice révélée par le film Et Dieu créa la femme en 1956, elle a incarné une époque et marqué l’histoire du cinéma avec une cinquantaine de films avant de se retirer des écrans en 1973 pour se consacrer à la défense des animaux.

Mais au-delà de son image de star, Bardot a été une figure controversée, notamment en raison de ses prises de position politiques. Au cours des dernières années de sa vie, elle a été à plusieurs reprises condamnée pour incitation à la haine raciale. En 1997, elle avait notamment critiqué le rituel musulman de l’abattage de moutons de l’Aïd al-Adha, affirmant qu’il souillerait le sol français, et avait mis en garde contre une prétendue « invasion » de l’islam.

Dans un livre publié en 2003, elle exprimait ouvertement son opposition à ce qu’elle appelait « l’islamisation de la France », arguant que des générations d’ancêtres français avaient sacrifié leur vie pour repousser les envahisseurs. Elle avait également tenu des propos polémiques sur les habitants de l’île de la Réunion, les qualifiant de « sauvages ».

La connexion Le Pen : un père « charmant » et une fille qui « sauverait la France »

Les liens de Brigitte Bardot avec l’extrême droite française remontent aux années 1990, lorsqu’elle s’est rapprochée de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, connu pour son opposition à l’immigration et ses déclarations controversées. En 1996, elle le décrivait comme un homme « charmant » préoccupé par ce qu’elle considérait comme une montée effrayante de l’immigration.

Son quatrième mari, Bernard d’Ormale, décédé avec elle, était lui-même un conseiller politique proche de Jean-Marie Le Pen et d’autres figures d’extrême droite.

Bardot a ensuite apporté son soutien à sa fille, Marine Le Pen, qui a pris la direction du parti, rebaptisé Rassemblement national, et a maintenu une ligne dure contre l’immigration et l’islam. Elle a soutenu ses candidatures à l’élection présidentielle en 2012 et 2017, la qualifiant de « seule femme avec des couilles » et la comparant à « Jeanne d’Arc des temps modernes », espérant qu’elle pourrait « sauver la France ».

Dans son dernier livre, Bardot affirmait que la droite – celle de Marine Le Pen – était le seul remède au déclin de la France, qu’elle décrivait comme une nation terne, sombre et soumise. Elle se disait toutefois prête à collaborer avec tout homme politique soucieux du bien-être animal, allant jusqu’à féliciter Emmanuel Macron, le président centriste, pour certaines de ses initiatives en la matière.

Des appels à des adieux comme ceux de « l’Elvis français »

Sans surprise, les figures de l’extrême droite française ont été parmi les premières à rendre hommage à Bardot après l’annonce de son décès. Marine Le Pen a salué une femme « incroyablement française : libre, indomptable, entière ». Jordan Bardella, son protégé et actuel chef du Rassemblement national, a déclaré que la France avait perdu un « fervent patriote ».

Le président Emmanuel Macron a également rendu hommage à Bardot, la qualifiant de légende du cinéma du XXe siècle. « Avec ses films, sa voix, sa gloire éblouissante, ses initiales (BB), ses chagrins, sa passion généreuse pour les animaux et son visage devenu Marianne, Brigitte Bardot incarnait une vie de liberté », a-t-il écrit. « Nous pleurons une légende du siècle. »

Le politicien conservateur Eric Ciotti a proposé d’organiser des funérailles nationales en l’honneur de Bardot, sur le modèle de celles organisées en 2017 pour Johnny Hallyday, surnommé « l’Elvis Presley français ». Une pétition en ligne a été lancée dans ce sens, mais n’avait recueilli que quelques 7 000 signatures lundi.

À gauche, les réactions ont été plus mesurées. Philippe Brun, du Parti socialiste, a reconnu que Bardot était une figure marquante, symbole de liberté et de rébellion, tout en soulignant la nécessité de ne pas occulter ses opinions politiques controversées. Fabien Roussel, chef du Parti communiste, a estimé qu’il existait un consensus sur l’importance de Bardot pour le cinéma français. Sandrine Rousseau, députée écologiste, a quant à elle dénoncé une forme d’hypocrisie, soulignant le contraste entre son engagement pour la cause animale et son indifférence supposée envers les migrants disparus en Méditerranée.

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