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Eisenkot dépasse Netanyahu, une remise en question de la direction

Gadi Eisenkot, leader du parti Yashar et ancien chef d'état-major de l'IDF, a surpassé Benjamin Netanyahu dans un récent sondage de Channel 12 News, recueillant 38 % de soutien contre 35 % pour le premier ministre. À l'approche…

L'ascension d'Eisenkot dans les sondages de Channel 12

Gadi Eisenkot, leader du parti Yashar et ancien chef d’état-major de l’IDF, a surpassé Benjamin Netanyahu dans un récent sondage de Channel 12 News, recueillant 38 % de soutien contre 35 % pour le premier ministre. À l’approche des élections d’octobre 2026, l’ancien général critique sévèrement la gestion sécuritaire et diplomatique du gouvernement actuel.

L’ascension d’Eisenkot dans les sondages de Channel 12

L'ascension d'Eisenkot dans les sondages de Channel 12
La dynamique politique israélienne bascule. Selon un sondage relayé par The Media Line, Gadi Eisenkot est désormais perçu comme le candidat le plus apte à diriger le pays, devançant Benjamin Netanyahu. Cette montée en puissance se traduit concrètement dans la répartition des sièges à la Knesset si des élections étaient organisées aujourd’hui.
Parti Sièges (Mandats) Leader
Likud 23 Benjamin Netanyahu
Together 21 Naftali Bennett
Yashar! 19 Gadi Eisenkot
Democrats 10 Yair Golan
Malgré la domination du Likud en nombre de sièges, le bloc d’opposition, incluant les partis arabes, contrôlerait 69 sièges contre 51 pour la coalition actuelle. Au sein de ce bloc, Eisenkot est préféré à Naftali Bennett par une marge de 46 % contre 39 %. Cette ascension n’est pas sans frictions internes. Le parti Together a repeatedly appelé Eisenkot à rejoindre leur liste en deuxième position derrière Bennett. L’ancien chef d’état-major a refusé cette offre, estimant qu’il est préférable de se concentrer sur l’obtention du maximum de voix pour son propre mouvement.

La rupture sécuritaire et la dépendance envers Washington

Pour Eisenkot, la situation actuelle est le résultat d’un échec stratégique. Dans un entretien accordé au podcast politique de ynet, il a décrit une réalité sécuritaire alarmante, notamment concernant l’axe Téhéran-Beyrouth.

« Le lien qui existe désormais entre l’Iran et le Hezbollah — où Beyrouth est traitée de la même manière que Téhéran — est quelque chose de très grave qui n’avait jamais existé auparavant. C’est quelque chose que je n’avais jamais imaginé. Nous n’avons pas su tirer profit de nos réussites militaires et nous nous sommes réveillés face à une réalité sécuritaire qui ne doit pas être tolérée. Même le fait qu’Israël ait besoin de l’approbation de Washington pour mener une frappe au Liban est inconcevable. »

La rupture sécuritaire et la dépendance envers Washington
Photo: themedialine.org
L’ancien général pointe une perte de souveraineté décisionnelle, affirmant que le premier ministre a manœuvré le pays vers une position où le président des États-Unis devient l’arbitre final. Cette critique s’étend à la gestion des confrontations directes avec l’Iran. Eisenkot a révélé avoir recommandé une frappe simultanée lors de la première attaque iranienne d’avril 2024, une proposition que Netanyahu aurait bloquée. L’enjeu dépasse la simple tactique militaire. Eisenkot soutient que Benjamin Netanyahu a brisé des principes de sécurité qui ont guidé Israël pendant huit décennies, privilégiant des intérêts personnels et politiques au détriment de la doctrine nationale.

Le bras de fer sur les alliances et le défi du débat public

La campagne électorale s’intensifie avec l’utilisation de tactiques de communication agressives. Le parti Likud a diffusé une vidéo affirmant que Gadi Eisenkot serait incapable de former un gouvernement sans le soutien des partis arabes, notamment Hadash-Ta’al et Ra’am. The Jerusalem Post rapporte que cette séquence montre des leaders arabes appelant à la création d’un État palestinien pour suggérer qu’Eisenkot serait dépendant de ces forces. Eisenkot a répondu avec virulence à ces accusations, contestant la stratégie d’incitation du camp adverse.

« Netanyahu, assez avec les vidéos d’incitation… fixez une date et un lieu. Venez à un débat public. Nous répondrons aux questions du public. Un vrai leader parle avec le public. »

"Bibi Will Lose!" Ex-IDF Chief Gadi Eisenkot Calls Netanyahu "Biggest Supporter Of Hamas" | VERTEX
Le bras de fer sur les alliances et le défi du débat public
Photo: jpost.com
L’ancien général a précisé qu’il ne formerait un gouvernement qu’avec ceux qui soutiennent la conscription universelle dans l’IDF. S’il est élu, il s’est engagé à lancer une commission d’enquête d’État sur la gestion gouvernementale des attaques du Hamas du 7 octobre. Ce positionnement est délicat : alors que le parti Ra’am avait rejoint la coalition Bennett-Lapid en 2021, le parti Together a déclaré qu’il ne formerait plus de gouvernement avec un parti arabe. Eisenkot se retrouve ainsi au centre d’une tension entre la nécessité mathématique d’une coalition d’opposition et les lignes rouges idéologiques de ses partenaires potentiels.

L’impact des tensions politiques sur l’armée

Au-delà de la stratégie militaire, Eisenkot lie la dégradation de la sécurité nationale aux luttes législatives internes. Il critique particulièrement la promotion d’une loi fondamentale sur l’étude de la Torah, soutenue par les partis ultra-orthodoxes de la coalition. Selon lui, cette législation, qui viserait à ancrer l’étude de la Torah dans le cadre quasi-constitutionnel d’Israël, affaiblit l’IDF au moment où elle est la plus éprouvée. Eisenkot estime que les problèmes judiciaires et les intérêts politiques de Benjamin Netanyahu sont devenus les facteurs dominants de sa prise de décision. Le parcours personnel d’Eisenkot nourrit également sa détermination politique. Ayant perdu son fils et deux neveux lors de la guerre Israël-Hamas, il a déclaré que ces pertes l’avaient poussé à agir pour améliorer le pays. Après avoir quitté le parti Bleu et Blanc en juin 2025 et démissionné de la Knesset, il a lancé son parti centriste, Yashar, en septembre 2025. L’échéance du 27 octobre pour les élections générales place désormais le pays devant un choix structurel : maintenir la coalition actuelle ou basculer vers un bloc d’opposition mené par un ancien haut gradé militaire dont la priorité affichée est le retour aux principes de sécurité fondamentaux.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.