Gadi Eisenkot, leader du parti Yashar et ancien chef d’état-major de l’IDF, a surpassé Benjamin Netanyahu dans un récent sondage de Channel 12 News, recueillant 38 % de soutien contre 35 % pour le premier ministre. À l’approche des élections d’octobre 2026, l’ancien général critique sévèrement la gestion sécuritaire et diplomatique du gouvernement actuel.
L’ascension d’Eisenkot dans les sondages de Channel 12

| Parti | Sièges (Mandats) | Leader |
|---|---|---|
| Likud | 23 | Benjamin Netanyahu |
| Together | 21 | Naftali Bennett |
| Yashar! | 19 | Gadi Eisenkot |
| Democrats | 10 | Yair Golan |
La rupture sécuritaire et la dépendance envers Washington
Pour Eisenkot, la situation actuelle est le résultat d’un échec stratégique. Dans un entretien accordé au podcast politique de ynet, il a décrit une réalité sécuritaire alarmante, notamment concernant l’axe Téhéran-Beyrouth.« Le lien qui existe désormais entre l’Iran et le Hezbollah — où Beyrouth est traitée de la même manière que Téhéran — est quelque chose de très grave qui n’avait jamais existé auparavant. C’est quelque chose que je n’avais jamais imaginé. Nous n’avons pas su tirer profit de nos réussites militaires et nous nous sommes réveillés face à une réalité sécuritaire qui ne doit pas être tolérée. Même le fait qu’Israël ait besoin de l’approbation de Washington pour mener une frappe au Liban est inconcevable. »

Le bras de fer sur les alliances et le défi du débat public
La campagne électorale s’intensifie avec l’utilisation de tactiques de communication agressives. Le parti Likud a diffusé une vidéo affirmant que Gadi Eisenkot serait incapable de former un gouvernement sans le soutien des partis arabes, notamment Hadash-Ta’al et Ra’am. The Jerusalem Post rapporte que cette séquence montre des leaders arabes appelant à la création d’un État palestinien pour suggérer qu’Eisenkot serait dépendant de ces forces. Eisenkot a répondu avec virulence à ces accusations, contestant la stratégie d’incitation du camp adverse.« Netanyahu, assez avec les vidéos d’incitation… fixez une date et un lieu. Venez à un débat public. Nous répondrons aux questions du public. Un vrai leader parle avec le public. »
L’impact des tensions politiques sur l’armée
Au-delà de la stratégie militaire, Eisenkot lie la dégradation de la sécurité nationale aux luttes législatives internes. Il critique particulièrement la promotion d’une loi fondamentale sur l’étude de la Torah, soutenue par les partis ultra-orthodoxes de la coalition. Selon lui, cette législation, qui viserait à ancrer l’étude de la Torah dans le cadre quasi-constitutionnel d’Israël, affaiblit l’IDF au moment où elle est la plus éprouvée. Eisenkot estime que les problèmes judiciaires et les intérêts politiques de Benjamin Netanyahu sont devenus les facteurs dominants de sa prise de décision. Le parcours personnel d’Eisenkot nourrit également sa détermination politique. Ayant perdu son fils et deux neveux lors de la guerre Israël-Hamas, il a déclaré que ces pertes l’avaient poussé à agir pour améliorer le pays. Après avoir quitté le parti Bleu et Blanc en juin 2025 et démissionné de la Knesset, il a lancé son parti centriste, Yashar, en septembre 2025. L’échéance du 27 octobre pour les élections générales place désormais le pays devant un choix structurel : maintenir la coalition actuelle ou basculer vers un bloc d’opposition mené par un ancien haut gradé militaire dont la priorité affichée est le retour aux principes de sécurité fondamentaux.Find more reporting in our Monde section.