L’Allemagne a renforcé significativement sa défense antimissiles en déployant, pour la première fois hors d’Israël, le système Arrow. Cette initiative vise à protéger le territoire allemand et à consolider le bouclier aérien européen face à la menace croissante de la Russie.
La première partie de ce système de défense antimissiles longue portée est désormais opérationnelle, comme l’a annoncé mercredi l’armée de l’air allemande (Luftwaffe) lors d’une cérémonie sur la base aérienne de Holzdorf, située au sud de Berlin. Selon Holger Neumann, inspecteur de la Luftwaffe, ce dispositif permettra à l’Allemagne de se défendre « contre les missiles balistiques à longue portée à plus de 100 kilomètres d’altitude ».
Développé conjointement par Israël et les États-Unis, le missile Arrow 3, dont la dernière version a été déployée en 2017, a déjà fait ses preuves au Proche-Orient en interceptant « des dizaines de missiles balistiques » au cours des deux dernières années, a précisé Amir Baram, un haut responsable du ministère de la défense israélien. Le drapeau israélien a été hissé à Holzdorf lors de la cérémonie.
Ce déploiement représente une étape cruciale dans le renforcement des capacités militaires allemandes, une priorité du gouvernement depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en début d’année 2022. Le ministre de la défense, Boris Pistorius, a souligné dans un communiqué que Berlin « prend ses responsabilités » et « renforce le pilier européen de l’OTAN » grâce à cette nouvelle capacité.
Le projet complet, qui coûtera à terme 3,8 milliards d’euros, devrait être achevé en 2028 avec « la finalisation du dernier site », a indiqué le colonel Mitko Müller, porte-parole du ministère de la défense, lors d’une conférence de presse. Les emplacements des autres sites n’ont pas été précisés à ce stade.
Le système Arrow s’inscrit dans le cadre du projet allemand de bouclier aérien European Sky Shield (ESSI), lancé en août 2022. ESSI combine les missiles Iris-T allemands pour la défense de courte portée avec les systèmes américains Patriot pour les missiles de portée moyenne. À ce jour, 24 États, dont le Royaume-Uni, participent à ce projet européen, mais la France, qui privilégie un système de défense aérienne reposant sur des équipements européens, n’en fait pas partie. Berlin justifie cette approche par la nécessité d’agir rapidement face à la menace russe.
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