Publié le 19 octobre 2025 à 16h52. Le président colombien Gustavo Petro a vivement réagi aux accusations infondées du président américain Donald Trump, le défiant de rendre compte de la mort d’un pêcheur colombien lors d’une opération militaire américaine, et dénonçant son ignorance concernant la réalité colombienne.
- Gustavo Petro accuse Donald Trump d’être responsable de la mort d’un pêcheur colombien lors d’une opération américaine.
- Le président colombien dénonce l’ignorance de Donald Trump concernant la Colombie et son histoire.
- Le ministère colombien de la Défense a également rejeté les accusations de Trump, les qualifiant d’irrespectueuses.
La tension monte entre Bogota et Washington après les déclarations incendiaires de Donald Trump, qui a qualifié Gustavo Petro de « chef du trafic de drogue » sans apporter la moindre preuve. La réponse du président colombien a été immédiate et directe, l’amenant à exiger des explications concernant le décès d’Alejandro Carranza, un pêcheur artisanal de Santa Marta, lors d’une opération militaire américaine.
« Le bateau du pêcheur de Santa Marta n’était pas celui de l’ELN, mais celui d’une famille humble, qui aimait la mer et en tirait sa subsistance », a souligné Gustavo Petro, contestant fermement l’allégation selon laquelle le navire était impliqué dans des activités illégales. Il a ensuite lancé un appel direct à Donald Trump : « Que direz-vous à cette famille ? Expliquez-moi pourquoi vous avez contribué à l’assassinat d’un humble pêcheur de Santa Marta, terre où est mort Bolívar et qui, selon certains, est le cœur du monde. »
« Monsieur Trump, la Colombie n’a jamais été impolie envers les États-Unis, au contraire, elle a beaucoup aimé sa culture. Mais vous êtes impoli et ignorant de la Colombie. Lisez, comme le ferait son chargé d’affaires en Colombie, Cent ans de solitude, et vous apprendrez quelque chose sur la solitude. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
Le président colombien a également mis en avant ses divergences idéologiques avec l’ancien président américain : « Je ne fais pas d’affaires, comme vous, je suis socialiste, je crois à l’aide et au bien commun, et aux biens communs de l’humanité, le plus grand de tous : la vie, menacée par votre pétrole. » Il a affirmé n’être motivé ni par l’avidité ni par le trafic de drogue, se présentant comme un adversaire historique du crime organisé.
Le ministère colombien de la Défense a également exprimé son indignation face aux accusations de Donald Trump, les qualifiant d’« expressions calomnieuses » et d’« irrespectueuses envers la Colombie, ses forces publiques et tous ses enfants ». Le ministère a fermement rejeté les allégations de Trump selon lesquelles la Colombie favoriserait la culture de la drogue.
Cette escalade verbale intervient dans un contexte de tensions régionales, Trump ayant déjà utilisé des accusations similaires contre le Venezuela, évoquant des liens présumés entre le président Nicolás Maduro et le trafic de drogue afin de justifier une possible intervention militaire. Selon des sources proches de l’administration américaine, cette stratégie vise à obtenir un soutien pour des opérations navales dans les Caraïbes et à exercer une pression sur les pays de la région.