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Washington – L’utilisation par l’administration Trump de la Garde nationale américaine a été au cœur d’une audition parlementaire houleuse jeudi, révélant de profondes divisions entre démocrates et républicains sur la légitimité de ces déploiements, et mettant les sénateurs républicains en quête de réélection face à un dilemme politique délicat.

À retenir

  • Les démocrates s’inquiètent d’une utilisation potentiellement abusive du pouvoir présidentiel en matière de déploiement militaire sur le territoire américain.
  • Certains sénateurs républicains ont défendu l’action de la Garde nationale, soulignant son rôle crucial dans la sécurité nationale, notamment face aux menaces russe et chinoise.
  • L’audition a mis en lumière les difficultés des républicains à se positionner par rapport à l’héritage controversé de Donald Trump.

Contexte

La commission sénatoriale des services armés a examiné les déploiements de la Garde nationale dans les villes américaines, une pratique vivement critiquée par les démocrates qui y voient un risque d’atteinte aux libertés civiles. L’administration Trump avait notamment utilisé la Garde nationale pour répondre à des manifestations et des troubles civils.

Le sénateur Dan Sullivan (Alaska) a pris une ligne de défense inhabituelle, en se concentrant sur les missions de la Garde nationale dans le Pacifique et la mer de Béring. « Il s’agit d’opérations de première ligne dirigées directement contre nos adversaires. D’aile à aile, lorsque nos chasseurs vont intercepter des bombardiers ours et des MiG russes qui sont armés », a-t-il déclaré. « Travail dangereux. Nous le faisons tout le temps en Alaska. »

Cette audition intervient alors que 18 sénateurs républicains se préparent à affronter les électeurs l’année prochaine. Ils doivent naviguer entre la loyauté envers l’ancien président et la nécessité de ne pas aliéner un électorat potentiellement réticent à cautionner certaines de ses actions.

Ce qui change

Le sénateur Sullivan a illustré cette complexité en votant le même jour pour étendre les subventions fiscales aux soins de santé, une position plus à gauche que celle généralement associée aux républicains. Il a également choisi de mettre en avant les missions de sauvetage de la Garde nationale en Alaska après les tempêtes d’octobre, et a rappelé son propre expérience dans les Marines dans les années 1990, où son bataillon avait été déployé à la frontière sud et pour lutter contre les incendies de forêt.

« Nous étions des Marines motivés. Le président des États-Unis nous a dit d’aller dans différents endroits et nous y sommes allés », a-t-il témoigné. « C’est ce qu’on fait dans l’armée. »

À l’inverse, le sénateur Angus King (Maine, indépendant) a exprimé de vives inquiétudes quant au pouvoir discrétionnaire du président en matière de déploiement militaire. « Le fait que le président ait le pouvoir de décider, dans son esprit, de ce qu’est une urgence et ensuite de déployer des troupes dans nos villes, est, je pense, extrêmement dangereux », a-t-il déclaré, citant les avertissements des Pères fondateurs contre le risque de tyrannie.

L’avocat du Pentagone, Charles Young, a rétorqué en rappelant que le président George Washington avait lui-même utilisé l’armée pour réprimer la rébellion du whisky. Il a également invoqué des décisions de la Cour suprême du XIXe siècle pour affirmer que le président a le droit de définir ce qui constitue une urgence.

Le sénateur Tim Sheehy (Montana) a défendu avec force les déploiements urbains, en les comparant à la lutte contre l’immigration illégale et le trafic de drogue. S’adressant au général Gregory Guillot, responsable de la défense de l’Amérique du Nord, il a demandé : « Quelle est selon vous une plus grande menace pour notre sécurité nationale ? Cinq cents volontaires, des gardes nationaux entraînés parcourant les rues de nos villes, ou 20 millions d’immigrants illégaux qui sont entrés dans ce pays au cours des cinq dernières années ? »

Prochaines étapes

Les sénateurs républicains devront continuer à jongler avec les attentes de leur base électorale et les risques liés à une association trop étroite avec l’héritage de Donald Trump. Les prochaines élections de l’année prochaine seront un test crucial de leur capacité à trouver un équilibre.

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Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.
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