Publié le 18 octobre 2025 à 23h15. Le Festival du Nouveau Cinéma de Montréal (FNC) a levé son rideau sur une programmation riche et diversifiée, explorant des thèmes urgents et des esthétiques audacieuses, comme en témoignent les premiers films visionnés par notre envoyé spécial.
- Le film Mettez votre âme sur votre main et marchez de Sepideh Farsi offre un témoignage poignant sur la situation à Gaza à travers le regard d’une journaliste locale.
- Ce que cette nature te dit de Hong Sang-soo, une comédie légère et observatrice, offre un contraste bienvenu après des œuvres plus sombres.
- Kenichi Ugana propose une plongée dans l’horreur avec deux films, La malédiction et Chaises incomplètes, explorant les codes du genre avec une esthétique gore assumée.
Le 54e Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, qui se déroule du 8 au 19 octobre 2025, confirme sa réputation de vitrine pour les cinémas indépendants et les talents émergents. Notre correspondant sur place a débuté sa couverture de l’événement, explorant les salles du Cineplex Quartier Latin, de la Cinémathèque québécoise, du Cinéma du Parc et de l’auditorium Sir George Williams de l’Université Concordia.
La première expérience du festival a été marquée par la projection de Mettez votre âme sur votre main et marchez de Sepideh Farsi. Le film, qui sortira au Canada en décembre, avec une probable présentation à la Cinémathèque québécoise, suit la photojournaliste gazaouie Fatma Hassona. Comme l’avait déjà souligné notre critique Mehdi dans son article, désigné film du mois de septembre par la rédaction, l’œuvre est d’une puissance rare. Sepideh Farsi parvient à traduire l’urgence de la situation à travers des échanges vidéo avec Fatma Hassona, révélant l’horreur d’un conflit trop souvent occulté. Le film est particulièrement bouleversant par la banalisation de la violence dont témoigne Fatma, qui semble se « contenter de vivre » malgré les bombardements. Ces moments où elle garde le sourire ou éclate de rire face à l’adversité sont particulièrement déchirants.
Après cette expérience intense, le festival a offert un répit avec Ce que cette nature te dit de Hong Sang-soo. Le trentième-troisième long métrage du réalisateur coréen suit Donghwa, un poète autoproclamé, lors d’une journée passée chez la famille de sa compagne Junhee. L’affiche française du film fait référence à Mon beau-père et moi, une comédie américaine, suggérant une possible influence. Le film se distingue par ses dialogues incisifs et sa structure en chapitres, chacun explorant un moment précis de cette journée chez les beaux-parents. Le réalisateur parvient à créer une atmosphère à la fois drôle et légèrement inconfortable, donnant l’impression d’être un intrus dans cette sphère familiale. L’image, volontairement granuleuse, renforce cette impression de réalisme et d’authenticité.
Le festival a également permis de découvrir V. Maria de Daisuke Miyazaki, un film qui explore la culture musicale japonaise. L’histoire suit Maria, qui découvre après la mort de sa mère que celle-ci était une fervente admiratrice d’un groupe de musique v. que (Visual Key, un courant du métal japonais caractérisé par des costumes et un maquillage inspirés du théâtre kabuki). Pour comprendre le passé de sa mère, Maria va devoir s’immerger dans cette communauté et devenir elle-même une fan. Le film est une réflexion touchante sur la façon dont une passion peut permettre de se rapprocher d’un être cher disparu et de faire son deuil. Le réalisateur met en scène avec enthousiasme les performances des artistes et l’énergie des spectateurs, notamment lors des moments de headbanging.
Enfin, le festival a proposé une exploration de l’horreur nippone avec les films de Kenichi Ugana, La malédiction et Chaises incomplètes. À l’approche d’Halloween, ces œuvres s’inscrivent dans une programmation qui semble privilégier les frissons et les sensations fortes. Ugana revisite les codes du genre avec une esthétique gore assumée, accumulant les morts, les têtes coupées et les effusions de sang. La malédiction explore le thème des malédictions et des esprits hanteurs, tandis que Chaises incomplètes suit un fabricant de chaises qui utilise des parties de corps humains pour créer son chef-d’œuvre. Le réalisateur semble chercher à choquer et à traumatiser son public, sans lui laisser d’espoir.
Rendez-vous très prochainement pour la deuxième partie de notre récap du FNC !
54e édition du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, du 8 au 19 octobre 2025.
