Publié le 25 octobre 2024 18:30. Le festival Klanglicht transforme le centre historique de Graz en un espace artistique immersif, illuminant monuments emblématiques et lieux insolites jusqu’au 27 octobre, pour une édition exceptionnellement prolongée de quatre jours.
- La Tour de l’Horloge, symbole de Graz et de la Styrie, est au cœur des projections et installations lumineuses.
- Vingt œuvres d’art, réparties sur seize sites, invitent à une déambulation contemplative et sensorielle.
- Certaines installations nécessitent un pass festival pour y accéder, notamment dans les souterrains du Schloßberg et au Schauspielhaus.
Le festival Klanglicht a débuté ce soir à Graz, offrant aux visiteurs une expérience unique où lumière et son se conjuguent pour métamorphoser le paysage urbain. Dès 18h30, un compte à rebours a captivé l’attention du public, annonçant le lancement de cette édition 2024, prolongée de quatre jours au lieu des trois habituels. La Tour de l’Horloge, véritable emblème de la ville et de la région de Styrie, est une fois de plus au centre de l’attention, servant de toile à des projections artistiques innovantes.
L’œuvre de Julian Hölscher, qui a donné le coup d’envoi du festival, a particulièrement marqué les esprits. La façade de la tour du XVIe siècle, haute de 28 mètres, a semblé vibrer et se transformer sous l’effet de jeux de lumière et de sons. D’abord, une sensation de pulsation a parcouru la pierre, avant que des motifs ornementaux ne viennent enrichir le spectacle, donnant parfois l’impression de pouvoir entrevoir la structure interne du monument.
L’esprit de Klanglicht réside dans la lenteur et l’immersion. Les vingt installations disséminées sur seize lieux différents – dont quatre accessibles uniquement sur présentation du pass festival (Schloßbergstollen, Dom im Berg, Schauspielhaus et Kasemattenbühne) – encouragent à la contemplation. L’œuvre d’Olafur Eliasson, “Eye see you”, installée dans l’orangerie du jardin du château, en est un exemple frappant. Si un simple coup d’œil peut sembler insuffisant, l’orangerie, baignée d’une lumière dorée, révèle une atmosphère particulière, où les visiteurs illuminés se fondent dans le décor.
Cette invitation à la découverte lente se retrouve également dans “Color Reflexion” de Liz West, une installation composée de 700 miroirs colorés dans les casemates du Schloßberg, ou encore dans “Aftereal” de Yasuhiro Chida, avec ses filaments lumineux bleus tendus au-dessus des prairies du jardin du château. L’expérience est d’autant plus intense lorsqu’on prend le temps d’écouter les sons de l’eau et du vent dans les arbres, qui se mêlent aux créations artistiques.
Le Grazmuseum am Schloßberg propose une approche plus philosophique avec “Spheres” d’Eva Schlegel, Valerie Messini et Damjan Minovski. Des textes de l’écrivaine styrienne Rosa Pock et du penseur austro-anglais Ludwig Wittgenstein apparaissent sur des sphères en réalité augmentée (l’application Iony est nécessaire pour les visualiser). L’œuvre invite à la réflexion et à la déambulation, les lignes de texte projetées sur le bastion sous le musée étant conçues pour être découvertes au fil du pas.
L’église Antonius du musée folklorique accueille, comme chaque année, une production des étudiants en design du FH Joanneum. Cette année, leur œuvre “Vertigo” explore pleinement le thème du festival, “Rausch” (extase), grâce à un jeu de lumières changeantes et de musiques parfois étranges, amplifié par l’acoustique particulière du lieu. La Place de la Liberté, quant à elle, attire les familles avec les trois installations de David Ram, “Lotus Pods”, qui offrent aux enfants la possibilité de tourner comme dans un manège, au rythme de subtils changements de couleur et de mouvement. À proximité, au Schauspielhaus, le Studio MO:YA présente “Mantra Modulation”, une structure mobile projetée qui peut être visualisée en 3D, mais qui offre également des modulations translucides et apaisantes, contrôlables via un écran tactile.
Le festival Klanglicht se distingue par ses courtes distances et son accessibilité. Malgré les nuits fraîches d’automne, les espaces intérieurs, tels que le théâtre ou l’église paroissiale, offrent un refuge chaleureux. Les festivaliers avertis préfèrent souvent éviter les files d’attente en se dirigeant vers le prochain point d’intérêt. Au fur et à mesure que la soirée avance – jusqu’à 23 heures – la foule se disperse, laissant plus d’espace pour profiter pleinement des installations. La proximité de restaurants et de stands de restauration sur la Karmeliterplatz constitue un atout supplémentaire. Et, depuis le Schloßberg, on peut admirer sous un angle inédit “L’Arche de Lumière – Levée” d’OchoReSotto, projetée sur la façade de l’église de la Trinité.
(SERVICE – Jusqu’au lundi 27 octobre, informations complémentaires sur www.klanglicht.at. Le pass festival pour quatre installations est disponible à la billetterie de la Kaiser-Josef-Platz 10 et sur www.ticketzentrum.at)
(Par Peter Kolb/APA)
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