Des psychologues du Geneva Motivation Lab démontrent que la flemme relève d’un choix économique et non d’un manque de volonté. L’être humain évalue l’effort comme un coût à investir en fonction de la récompense attendue, modulant ses ressources selon son âge et son intérêt pour la tâche proposée.
L’être humain n’est pas naturellement fainéant, d’après les chercheurs du Geneva Motivation Lab qui étudient les ressorts psychologiques de la motivation en mesurant l’activité cardiovasculaire liée à l’effort mental. Selon le professeur de psychologie à l’Université de Genève Guido Gendolla, l’individu choisit d’engager ses forces en fonction du retour sur investissement escompté.
On a peut-être une tendance à faire le nécessaire, pas plus, mais cela ne veut pas dire qu’on est paresseux, parce qu’on est prêt à investir beaucoup d’efforts si ça vaut la peine.
Le calcul entre l’effort et le résultat à l’Université de Genève
L’effort se gère de la même manière que l’argent pour les chercheurs. L’être humain accepte de dépenser de l’énergie, mais refuse de surpayer une tâche. À la fin, je prends la décision, je reste engagé, j’arrête ou je ne fais rien si je suis absolument sûr que ce n’est pas possible de réussir dans ce projet
, détaille Guido Gendolla, soulignant ce calcul permanent entre le coût consenti et le résultat visé.
Cette gestion évolue avec l’âge. Les jeunes enfants ne cherchent pas à éviter l’effort, bien au contraire, ce qui favorise leur développement. C’est en grandissant que l’humain apprend à économiser ses forces. Selon le chercheur, il s’agit d’une forme de sagesse face à des ressources limitées, et non de paresse. Un adolescent qui refuse de ranger sa chambre cède simplement au désintérêt, tout en acceptant de danser toute la nuit en soirée, ce qui représente pourtant un effort physique important.
La mesure de l’effort cardiaque par le Geneva Motivation Lab
L’équipe scientifique place des électrodes sur le cou et le sternum des participants afin d’analyser leur réponse cardiaque pour objectiver cette mobilisation. Le chercheur Nicolas Silvestrini précise que la période de pré-éjection sert d’indicateur clé : lorsqu’elle se raccourcit, cela traduit une mobilisation accrue des ressources et donc un effort plus intense.
Comment stimuler la motivation selon les chercheurs
Ludovic Maggioni, directeur du Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel, s’appuie sur les travaux du chercheur Boris Cheval et compare la motivation à un muscle pour dompter la flemme au quotidien. Les premiers pas s’avèrent ardus, mais la tâche devient progressivement plus aisée à maintenir. On a peut-être une tendance à faire le nécessaire, pas plus, mais cela ne veut pas dire qu’on est paresseux, parce qu’on est prêt à investir beaucoup d’efforts si ça vaut la peine