Publié le 18 décembre 2025 05:00:00. Le musicien Gabriel Jacoby livre avec bon enfant un premier EP audacieux, une exploration personnelle et musicale des paysages sonores du sud des États-Unis, infusée de funk, de blues et de R&B.
- L’EP bon enfant, d’une durée d’environ 20 minutes, mélange habilement des influences allant du blues des bayous au funk et au R&B.
- Gabriel Jacoby, guitariste autodidacte originaire de Caroline du Sud et de Floride, rend hommage à ses racines à travers des arrangements riches et chaleureux.
- L’écriture de Jacoby se distingue par sa simplicité, son intelligence et ses références autobiographiques, évoquant à la fois la nostalgie et l’authenticité.
Avec bon enfant, Gabriel Jacoby propose une odyssée musicale qui se déploie comme une échappée. L’EP, véritable voyage introspectif, condense en une vingtaine de minutes une multitude de sonorités du sud des États-Unis. Le musicien, basé à Los Angeles, tisse un récit sonore où le blues des forêts côtoie le funk des bayous et un R&B profondément enraciné, le tout dynamisé par l’énergie du collectif Dungeon Family.
Guitariste autodidacte aux racines ancrées en Caroline du Sud et en Floride, Jacoby donne corps à son héritage avec une précision remarquable. Il s’entoure d’une équipe restreinte de producteurs et de musiciens de session pour superposer des couches sonores riches en cuivres, en claviers et en lignes de basse résolument funky, qui invitent au mouvement. Les morceaux rebondissent et ondulent, évoquant la sensation d’un hydroglisseur filant sur les eaux des marais, et semblent danser même à l’arrêt. Des riffs de guitare, des scratchs de platines, ainsi que des touches d’harmonica et de banjo viennent parfaire ce style artisanal.
Chaque arrangement se veut chaleureux et communautaire, comme une jam session improvisée autour d’un feu de joie. L’influence de Donnie Trumpet et l’expérience sociale, notamment leur album Surf, est perceptible dans la richesse instrumentale et vocale des morceaux, en particulier lorsque Jacoby adopte un flow ludique et énergique, rappelant celui de Chance the Rapper. Cependant, l’EP se distingue par un montage soigné, chaque morceau sonnant comme une touche de pinceau contribuant à la vision globale de Jacoby.
L’écriture de Jacoby est à la fois simple et perspicace, parsemée de détails impressionnistes qui mêlent expressions idiomatiques, hyperboles et références autobiographiques. Il évoque ainsi une « dame du coin » vendant de « l’eau sucrée » à un feu rouge interminable, une ode ironique à la tromperie. Le morceau « bootleg », nerveux et inspiré par Justin Timberlake et son titre « Like I Love You », rend hommage à malade, un jeu de mots typique de Tampa, porté par une batterie puissante et un rythme de guitare entraînant. Même lorsqu’il s’appuie sur des images plus conventionnelles du Sud, Jacoby les imprègne de son expérience personnelle :
« Maman dans la cuisine, laisse-moi voir ce qui mijote / L’eau de Caroline, mélange-la à cette Floride / Quelqu’un a dit, ce n’est pas ce qu’ils avaient commandé / Je m’en fiche, c’est ce que je suis »
Gabriel Jacoby
, rappe-t-il sur le titre éponyme, porté par un claquement de doigts et une ligne de basse groovy. L’expression « enfant gutta », à l’image de l’esthétique de groupes comme OutKast ou Kodak Black, est revendiquée comme un signe de distinction.
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