À l’ouverture de la Mostra de Venise, l’acteur et réalisateur George Clooney a vivement critiqué l’administration Trump, qualifiant le gouvernement américain de kakistocratie
dirigée par les personnes les moins qualifiées, tout en exprimant son optimisme quant aux élections de mi-mandat et à l’horizon 2028.
Le concept de kakistocratie appliqué à Washington
Interrogé par les journalistes lors d’une conférence de presse précédant la soirée d’ouverture de la Mostra de Venise, où il doit recevoir un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière, l’acteur américain n’a pas mâché ses mots. George Clooney a déclaré que les États-Unis traversent une période malheureuse sous l’administration de Donald Trump, l’assimilant à un système précis.
« Il existe un très bon mot, kakistocratie, qui désigne un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées. Je pense que nous vivons peut-être dans une kakistocratie en ce moment, mais nous nous en remettrons. »
Ce terme technique, issu du grec ancien kakos
signifiant mauvais et kratos
désignant le pouvoir, qualifie étymologiquement une gouvernance par les médiocres. La chercheuse en sciences du management Isabelle Barth, interrogée par Le Monde et auteure d’un ouvrage paru en 2024 intitulé La kakistocratie ou le pouvoir des pires, rappelle que ce profil de gouvernance s’observe aussi dans le monde de l’entreprise où certains décideurs promeuvent des incompétents pour éviter toute concurrence interne. Sur la scène politique américaine, l’usage de ce terme n’est pas inédit : en 2018, l’ex-directeur de la CIA John Brennan avait déjà lancé au président milliardaire que votre kakistocratie s’effondre
, comme le relève la publication de 20 Minutes.
Un sentiment de honte et des souvenirs d’une Amérique en flammes
Au-delà de cette qualification politique, la mégastar hollywoodienne a admis ressentir un sentiment profond de honte vis-à-vis du gouvernement américain, tout en citant des dérives récentes sur les réseaux sociaux. L’acteur a notamment évoqué une publication parue sur la plateforme X par le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth, qui semblait railler l’apparence physique d’une militaire canadienne en surpoids lors de la remise d’une médaille à de jeunes cadets.

Pour relativiser cette séquence sombre, l’artiste de 65 ans a replacé la situation actuelle dans une perspective historique plus large. En s’appuyant sur son propre vécu, il a rappelé l’intensité des crises traversées par le pays par le passé.
« Je suis assez âgé pour avoir vécu 1968 aux Etats-Unis, quand toutes les grandes villes américaines étaient en flammes et que nous avons perdu Martin Luther King et Bobby Kennedy la même année. Il y avait énormément de violence. Le Capitole était encerclé de chars. Nous avons connu d’autres périodes difficiles, mais celle-ci en fait partie. »
Les échéances électorales de novembre et l’horizon 2028
Malgré la sévérité de ses propos, l’acteur maintient un cap résolument optimiste pour l’avenir institutionnel de son pays. Il parie sur les mécanismes de contre-pouvoir démocratique pour rééquilibrer la trajectoire politique fédérale à court et moyen terme.
Selon l’analyse formulée lors de son intervention vénitienne, les élections de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis constituent une occasion idéale pour façonner un contre-pouvoir efficace face à la Maison Blanche. À plus longue échéance, l’acteur s’est fixé une date charnière pour espérer un retour à l’équilibre général. En 2028, avec un peu de chance, nous retrouverons une certaine normalité
, a-t-il conclu devant la presse internationale.