Entre un emploi de technicienne SAP et une passion pour la création, une artiste chennaise donne vie à des cartes de vœux entièrement personnalisées, transformant des souvenirs en œuvres d’art uniques. Son travail, qui témoigne d’une attention méticuleuse aux détails, séduit de plus en plus d’amateurs d’émotion authentique.
Jyotsna K., technicienne SAP, jongle avec un emploi du soir de 16h à 1h du matin, lui laissant des heures calmes le matin pour se consacrer à son art. Elle consacre généralement environ trois heures à la création de commandes ou au tournage de courtes vidéos pour Instagram, complétées par du contenu programmé réalisé le week-end. « Je n’ai jamais envisagé cela comme une entreprise », explique-t-elle. « Les gens continuaient à me demander de créer quelque chose de significatif pour leurs proches. Cette confiance m’a encouragée à continuer. »
Ses créations, présentées sur son compte Instagram (@that.corporate.artist), reflètent deux univers parallèles : le monde de la technologie et celui de l’artisanat. Les cartes ne sont pas simplement décoratives ; elles racontent des histoires. Les clients partagent leurs souvenirs, leurs relations, et Jyotsna les traduit visuellement à travers des photographies, des messages manuscrits, des références musicales, des dates et des chronologies.
La confection de ces cartes demande patience et minutie. Une carte simple peut prendre deux jours à réaliser, compte tenu de ses contraintes professionnelles, mais des projets plus ambitieux, comme des scrapbooks de dix à douze pages ou des créations intégrant de la résine, peuvent nécessiter jusqu’à six jours, le temps de séchage étant une étape essentielle. « L’attente fait partie de l’expérience », souligne-t-elle. « Si quelqu’un commande une carte de vœux pour le Nouvel An à l’avance, cela montre déjà son attention. »
Les prix varient en fonction de la complexité, les cartes de vœux débutant à 200 roupies (environ 2,30 €) et les scrapbooks étant tarifés à la page. Jyotsna reconnaît que certains clients peuvent être surpris par les prix. « Pour certains, ce n’est que du papier », admet-elle. « Mais derrière cela se cachent du temps, un effort créatif, de multiples révisions et des matériaux de qualité. Seul le créateur comprend la patience que cela demande. »
Elle constate un intérêt particulier de la génération Z pour les vœux de Nouvel An faits à la main. « La génération Z accorde de l’importance à la connexion émotionnelle », explique-t-elle. « Ils veulent quelque chose d’intentionnel, quelque chose qui semble avoir été choisi, et non simplement transmis. »
Par ailleurs, Jyotsna partage son savoir-faire à travers des ateliers et des tutoriels en ligne, offrant des idées pour des occasions spéciales comme la Fête des enseignants ou la Fête des pères.
À Adyar, une jeune artiste de 11 ans, Kavya Aravind, s’illustre également dans l’art de la carte de vœux personnalisée. Elle dirige « Krafty Kings », créant des cartes en quilling, une technique délicate qui consiste à enrouler de fines bandes de papier pour former des motifs floraux, des arbres et des décorations festives, comme des sapins de Noël.
« J’ai commencé à faire des cartes de vœux quand j’étais en troisième année », raconte Kavya. Elle a appris le quilling auprès d’une voisine et s’adapte aux saisons, intégrant les codes et les traditions de chaque fête. Une carte simple peut être réalisée en 20 à 30 minutes, tandis qu’une création plus complexe peut prendre près d’une heure. « La partie la plus difficile, c’est le collage », confie-t-elle. « Si on ne met pas la bonne quantité de colle, ça se décolle et il faut recommencer. »
Ses cartes sont proposées à 200 roupies (environ 2,30 €) et ses décorations murales en toile à 250 roupies (environ 2,80 €). Les commandes arrivent désormais via des groupes WhatsApp. Kavya, malgré son jeune âge, gère avec brio cette activité créative, soutenue par ses parents.