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Ils détectent des « taux usuraires » dans des prêts à un club Primera et un paiement inhabituel à l’équipe de Tapia

Publié le 18 décembre 2025 à 16h25. Une enquête judiciaire révèle des pratiques financières douteuses impliquant la société Sur Finanzas et plusieurs clubs de football argentins, soulevant des questions sur des prêts à taux usuraires et des liens…

Ils détectent des « taux usuraires » dans des prêts à un club Primera et un paiement inhabituel à l’équipe de Tapia

Publié le 18 décembre 2025 à 16h25. Une enquête judiciaire révèle des pratiques financières douteuses impliquant la société Sur Finanzas et plusieurs clubs de football argentins, soulevant des questions sur des prêts à taux usuraires et des liens avec des responsables de l’AFA (Association Argentine de Football).

  • Des clubs de football, notamment Argentinos Juniors, auraient contracté des prêts auprès de Sur Finanzas à des conditions très défavorables, avec des écarts significatifs entre les sommes empruntées et celles réellement reçues.
  • L’ascension de Sur Finanzas coïncide avec la consolidation du pouvoir de Claudio Tapia, président de l’AFA, au sein de l’instance dirigeante et de la Ligue Professionnelle de Football.
  • Des contrats de sponsoring privilégiés, notamment avec Barracas Central, le club de Tapia, ont été découverts, suscitant des soupçons de favoritisme.

L’enquête, déclenchée par une plainte initiale et alimentée par des informations de la DGI (Direction Générale des Impôts), a mis au jour un réseau complexe de transactions financières impliquant Sur Finanzas et plusieurs clubs de la première et de la deuxième division argentine. Les perquisitions menées au siège de Sur Finanzas ont permis de saisir une quantité importante de documents, notamment des contrats de prêt, des accords de sponsoring et des dossiers clients.

Le cas d’Argentinos Juniors est particulièrement révélateur. Selon le dossier judiciaire, le club a émis des chèques pour un montant de 600 millions de dollars américains (environ 468 millions d’euros) en faveur de Sur Finanzas, mais n’a reçu que 400 millions de dollars (environ 312 millions d’euros). La différence de 200 millions de dollars (environ 156 millions d’euros) a été absorbée par Sur Finanzas, justifiée par des frais et des intérêts exorbitants, incluant le coût financier total (CFT). Un prêt supplémentaire de 200 millions de dollars (environ 156 millions d’euros) a également été accordé au club, assorti d’un CFT de 55% et d’un taux d’intérêt de 40% TNA (taux nominal annuel).

L’enquête s’intéresse également au contrat de sponsoring entre Sur Finanzas et Barracas Central, le club dirigé par Matías Tapia, neveu du président de l’AFA. Ce contrat prévoit un versement unique de 120 millions de dollars (environ 94 millions d’euros) au club, une modalité de paiement inhabituelle par rapport aux autres accords de sponsoring. Pour le procureur Cecilia Incardona, cette coïncidence n’est pas fortuite :

« La croissance de Sur Finanzas en tant que sponsor et prêteur (du football argentin) coïncide avec l’étape où Tapia consolide son pouvoir au sein de l’AFA et de la Ligue Professionnelle. »

Cecilia Incardona, procureur

Les enquêteurs ont également découvert un dossier intitulé « Nomination du client PSP » et des contrats de sponsoring avec d’autres clubs, tels que San Lorenzo, qui aurait reçu plus de 1,6 milliard de dollars (environ 1,25 milliard d’euros) en prêts, utilisant les droits de télévision comme garantie. Des accords ont également été conclus avec la Ligue Professionnelle de Football (LPF) pour un montant de 600 millions de dollars (environ 468 millions d’euros) et avec le Conseil Fédéral (CFFA) pour 200 millions de dollars (environ 156 millions d’euros), tous deux payables en dix versements.

L’institution dirigée par Cristian Malaspina, un proche de Claudio Tapia, est également liée à la société Construcciones TAR, actuellement sous le coup d’une enquête pour blanchiment d’argent. Des transferts de fonds entre ces deux entités et Argentinos Juniors ont été détectés, mais les montants exacts restent pour l’instant inconnus, le secret bancaire et fiscal ayant été levé récemment.

Contacté par les médias, le président d’Argentinos Juniors a refusé de faire un commentaire. L’enquête se poursuit, avec des perquisitions prévues au siège de l’AFA et de la Super Ligue, afin de déterminer l’étendue de l’implication de l’instance dirigeante dans ces transactions financières controversées.

Ariel Vallejo et Tapia sur le terrain de l’AFA
Des informaticiens sont présents. Raid à Sur Finanzas, siège de la société financière liée à « Chiqui » Tapia et au club BanfieldCamila Godoy
Ariel Vallejo et le président de Banfield Matías Mariotto.

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.