Publié le 19 octobre 2024 à 12h41. Après des tirs de roquettes sur ses troupes à Rafah, Israël a riposté par des frappes aériennes dans la bande de Gaza, tout en menaçant de fermer définitivement le point de passage de Rafah, crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire.
- L’armée israélienne a mené des frappes aériennes à Rafah en réponse à des tirs de militants palestiniens.
- Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a ordonné des mesures fermes contre les cibles terroristes à Gaza.
- Israël a identifié le corps d’un otage décédé, Ronen Engel, et attend la restitution des dépouilles des autres otages pour rouvrir le point de passage de Rafah.
La situation sécuritaire s’est envenimée dimanche dans la bande de Gaza, après que des militants palestiniens ont ouvert le feu sur des soldats israéliens opérant dans la région de Rafah, au sud de l’enclave. L’armée israélienne a réagi en lançant des frappes aériennes contre des « cibles terroristes », affirmant que les actions des militants constituaient une violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu en cours.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a convoqué une réunion d’urgence avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, dont le ministre de la Défense Israel Katz, le chef du Shin Bet (agence de sécurité intérieure) et le directeur du Mossad (renseignements étrangers). Il leur a demandé de « prendre des mesures fermes contre les cibles terroristes dans la bande de Gaza », selon un communiqué de son bureau.
Tsahal a précisé que les militants palestiniens avaient utilisé des lance-roquettes (RPG) et des tirs de snipers contre les troupes à Rafah. En réponse, l’armée a affirmé avoir ciblé des infrastructures utilisées par les groupes armés.
Un haut responsable du Hamas a déclaré que le mouvement restait attaché au cessez-le-feu, mais a accusé Israël de l’avoir violé à plusieurs reprises.
Parallèlement, Israël a annoncé l’identification du corps d’un otage décédé, Ronen Engel (54 ans), tué lors de l’attaque du 7 octobre contre le kibboutz Nir Oz, près de la frontière avec Gaza. Sa femme et deux de ses trois enfants avaient été enlevés et libérés lors d’un précédent cessez-le-feu en novembre 2023. Le deuxième corps remis par le Hamas samedi soir est en cours d’identification à l’Institut national israélien de médecine légale.
Israël a également menacé de maintenir fermé le point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, « jusqu’à nouvel ordre ». La réouverture de ce point de passage, essentiel pour l’acheminement de l’aide humanitaire et les déplacements des Palestiniens, est conditionnée par la restitution des dépouilles des 28 otages décédés encore détenus par le Hamas. Jusqu’à présent, le Hamas a remis les restes de 11 otages identifiés, tandis qu’Israël a restitué les corps de 135 Palestiniens à Gaza.
La remise des dépouilles des otages est un élément clé des négociations en cours, aux côtés des livraisons d’aide à Gaza et de l’avenir du territoire dévasté, dans le cadre d’un processus visant à mettre fin à plus de deux ans de conflit. Le terminal de Rafah, qui n’était pas contrôlé par Israël avant la guerre, est fermé depuis mai 2024, date à laquelle Israël en a pris le contrôle du côté gazaoui.
Un passage entièrement rouvert permettrait aux Palestiniens de recevoir des soins médicaux, de voyager ou de rendre visite à leur famille en Égypte, où vivent des dizaines de milliers de personnes.
Le département d’État américain a par ailleurs exprimé son inquiétude face à une possible attaque du Hamas contre des civils palestiniens, qualifiant une telle action de « violation grave » du cessez-le-feu. Le Hamas n’a pas immédiatement commenté cette déclaration, mais le ministère de l’Intérieur du gouvernement dirigé par le Hamas a affirmé que ses forces s’efforçaient de rétablir l’ordre public dans les zones où l’armée israélienne s’est retirée.
Des affrontements ont éclaté entre des combattants du Hamas et d’autres groupes armés dans l’est de la ville de Gaza, accusés de pillage de l’aide humanitaire et de collaboration avec Israël. Le Hamas a exécuté plusieurs suspects en public, des exécutions sommaires largement condamnées.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas, la guerre israélienne a fait plus de 68 000 morts parmi les Palestiniens. Ces chiffres sont considérés comme une estimation fiable des décès en temps de guerre par les agences des Nations Unies et de nombreux experts indépendants. Israël conteste ces chiffres sans fournir de bilan propre.
Des milliers de personnes sont également portées disparues, selon la Croix-Rouge. Les militants du Hamas ont tué environ 1 200 personnes, principalement des civils, et enlevé 251 personnes lors de leur attaque contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché le conflit.
