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J’ai lancé le plan de « déplacement temporaire » pour les Gazaouis… et Sissi l’a abandonné

Publié le 2025-11-24 20:27:00. L’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, révèle dans ses mémoires avoir conçu un plan de déplacement massif de Palestiniens de Gaza vers le Sinaï égyptien, une initiative rejetée par le président égyptien Abdel Fattah…

J’ai lancé le plan de « déplacement temporaire » pour les Gazaouis… et Sissi l’a abandonné

Publié le 2025-11-24 20:27:00. L’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, révèle dans ses mémoires avoir conçu un plan de déplacement massif de Palestiniens de Gaza vers le Sinaï égyptien, une initiative rejetée par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Ce projet, présenté comme temporaire, visait à réduire le nombre de victimes civiles pendant le conflit actuel.

  • Yossi Cohen affirme avoir élaboré un plan pour déplacer environ 1,5 million de Palestiniens de Gaza vers le Sinaï égyptien.
  • Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a catégoriquement refusé ce projet, craignant une transformation en déplacement permanent.
  • Cohen critique l’échec de la communication israélienne et souligne la nécessité d’une approche plus humble et empathique.

Dans ses mémoires intitulées « Avec des astuces, vous faites la guerre pour vous-même » (en hébreu), et « L’épée de la liberté : le Mossad d’Israël et la guerre secrète » (en anglais), Yossi Cohen détaille les méthodes de travail du renseignement israélien et les opérations menées durant son mandat. Il révèle notamment avoir envisagé un déplacement massif de la population gazaouie en réponse à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

Selon Cohen, le plan consistait à déplacer temporairement environ 1,5 million de Palestiniens vers le Sinaï égyptien, dans le but de réduire le nombre de victimes civiles. Il affirme que le cabinet israélien avait approuvé cette proposition et qu’il avait été chargé de convaincre les pays arabes de son bien-fondé. Cohen a ainsi entrepris des visites dans plusieurs capitales arabes, mais s’est heurté à la crainte d’une transformation de ce déplacement temporaire en une expulsion permanente. Il avait proposé de solliciter des garanties internationales pour assurer le caractère temporaire de cette migration, contactant à cette fin les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine et l’Inde. Cependant, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a mis un terme au projet.

Cohen révèle également avoir été envisagé pour diriger une équipe de négociations concernant un éventuel échange de prisonniers, mais cette proposition a été bloquée par d’autres responsables des services de sécurité israéliens.

L’ancien chef du Mossad critique vivement l’approche communicationnelle d’Israël, estimant que le pays manque d’humilité et d’empathie. Il déplore l’échec de la propagande israélienne à contrer les images et les récits provenant de Gaza, qui suscitent une opposition croissante à l’action israélienne à travers le monde. Au lieu de remettre en question les conséquences des opérations militaires à Gaza, qui ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes, Cohen accuse le gouvernement israélien de ne pas accorder suffisamment d’importance à la présentation de sa position.

Il souligne également l’influence du lobby pro-israélien sur les médias étrangers, tout en reconnaissant que de nombreux Juifs ont rejoint les mouvements de protestation contre les actions d’Israël. Cohen estime que les dirigeants israéliens sont déconnectés de la réalité vécue par leur population et qu’ils ne parviennent pas à transmettre à l’opinion publique mondiale les souffrances du peuple israélien.

Dans ses mémoires, Cohen évoque également ses méthodes de travail au sein du Mossad, révélant avoir joué le rôle d’un « expert en antiquités » au Liban et d’un « marchand de thé » au Soudan. Il décrit les techniques de recrutement d’agents, basées sur l’exploitation des faiblesses humaines, des intérêts personnels et des motivations diverses (financières, idéologiques, sexuelles, etc.). Il justifie ces méthodes en affirmant que l’objectif est de piéger la cible dans une situation compromettante, la forçant à coopérer.

Cohen met en avant l’importance de la coopération internationale dans le domaine du renseignement, citant plusieurs exemples de collaborations fructueuses avec les services de renseignement d’autres pays, notamment en matière de lutte contre le terrorisme. Il mentionne notamment l’aide apportée à la Belgique et à l’Australie pour déjouer des attentats terroristes.

Il souligne également l’importance de la force et de la diplomatie, citant l’exemple de l’accord de paix avec l’Égypte après la guerre d’octobre 1973. Il insiste sur le fait qu’un leader fort est celui qui est capable de faire des concessions.

Convois de déplacements du nord de Gaza, le 23 septembre dernier (AP)
Le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi et le président américain Donald Trump avec les participants au sommet de Charm el-Cheikh pour annoncer l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza en octobre dernier (Photo de la page Facebook du porte-parole présidentiel)
Des enfants mangent sous une tente dans une école abritant des personnes déplacées dans le quartier d’Al-Rimal, dans la ville de Gaza, le 5 novembre 2025 (AFP)
Couverture du livre dans sa version hébraïque
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Yossi Cohen, nommé chef du Mossad par Netanyahu le 7 décembre 2015 (Getty)
Une jeune Palestinienne attend de recevoir une aide alimentaire à Khan Yunis alors que la famine et les vagues de déplacements se poursuivent à Gaza en septembre dernier (AFP)

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.