Publié le 6 décembre 2025 17:55:00. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réaffirmé son engagement à promouvoir une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien, tout en dressant un tableau alarmant de la situation mondiale, marquée par des conflits, le chaos climatique et des inégalités croissantes.
- António Guterres a promis de ne pas se taire face à toute déviation du droit international concernant la question palestinienne.
- Il a dénoncé la paralysie du Conseil de sécurité de l’ONU et son incapacité à répondre aux crises mondiales.
- Le chef de l’ONU a averti que le monde est en voie de dépasser les objectifs fixés pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.
Lors d’un discours prononcé vendredi devant les jeunes journalistes participant à la bourse Reham Al-Farra (RAF) de l’ONU, António Guterres a insisté sur la nécessité de ne pas abandonner les efforts en faveur d’une solution politique au conflit israélo-palestinien. Il a souligné que la simple absence de retour à la violence passée ne saurait suffire.
« Il est absolument essentiel que nous passions à la phase deux et que le résultat final soit la solution à deux États… Il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient sans l’autodétermination du peuple palestinien. »
António Guterres, secrétaire général de l’ONU
M. Guterres a également affirmé qu’il continuerait à exprimer publiquement ses préoccupations si les évolutions sur le terrain contredisaient le droit international et la Charte des Nations Unies, même en l’absence d’une action concrète du Conseil de sécurité. Il a clairement indiqué qu’il ne se résignerait pas au silence.
Au-delà de la question palestinienne, le secrétaire général a brossé un portrait sombre du monde actuel, qu’il a qualifié de « tempête parfaite ». Il a évoqué la guerre en Ukraine, la situation désastreuse à Gaza, l’escalade de la violence au Soudan, au Myanmar et dans le Sahel, ainsi que la propagation du terrorisme en Afrique. Il a estimé que le paysage international est aujourd’hui plus dangereux qu’en 2017, date de sa prise de fonction.
M. Guterres a vivement critiqué le Conseil de sécurité, le jugeant « paralysé » et structurellement dépassé. Il a dénoncé l’absence de représentation permanente de l’Afrique et de l’Amérique latine au sein de cet organe, ainsi que le droit de veto qui, selon lui, « protège les violations du droit international ».
Sur la question du climat, le secrétaire général a lancé un avertissement particulièrement sévère : « Ma génération a échoué en matière d’action climatique ». Il a précisé que le monde se dirige vers un dépassement de la limite de 1,5°C de réchauffement climatique (par rapport aux niveaux préindustriels), avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la santé humaine, la sécurité alimentaire et la stabilité mondiale. Les engagements actuels des États en matière de réduction des émissions ne représentent, selon lui, que 10 % des 60 % nécessaires d’ici 2035.