La sénatrice fribourgeoise Johanna Gapany a annoncé qu’elle ne briguerait pas de troisième mandat au Conseil des États, quelques semaines après sa réélection au second tour.
Le paysage politique fribourgeois vacille après une annonce inattendue.
Les motivations personnelles d’un retrait anticipé
Élue pour la première fois à l’âge de 31 ans, la représentante libérale-radicale avait établi une feuille de route bien précise pour sa carrière politique.
Interrogée sur les raisons de son départ programmé, l’élue a fourni des explications claires sur son avenir professionnel et personnel. J’avais 31 ans lorsque j’ai été élue. Je savais alors que je souhaitais faire deux législatures. J’aurai 40 ans en 2028 et si je veux retourner sur le marché du travail, c’est le moment!
a-t-elle déclaré. Tout en écartant un nouveau bail au Conseil des États, elle a tenu à rappeler son attachement viscéral à son engagement public, précisant sans ambiguïté : La politique, c’est ma vie depuis vingt ans! Je l’adore et l’adorerai toujours!
Une reconversion vers d’autres fonctions exécutives, à l’instar du gouvernement cantonal fribourgeois, n’est d’ailleurs pas totalement exclue pour l’avenir.
Une réélection récente marquée par des tensions électorales
Ce retrait intervient alors que le duo fribourgeois aux États venait tout juste d’être reconduit dans ses fonctions. Lors du second tour de l’élection au Conseil des États, les sénatrices sortantes Isabelle Chassot et Johanna Gapany ont été réélues au terme d’une confrontation serrée. La favorite de l’scrutin, Isabelle Chassot (Le Centre), a survolé les débats en récoltant 38’161 suffrages, tandis que Johanna Gapany a obtenu 30’538 voix.
La tâche s’est avérée plus délicate pour la représentante du PLR. Ses positions sur certains dossiers sociaux ont parfois incité une frange de l’électorat centriste à dissocier son bulletin de celui de sa colistière démocrate-chrétienne. Derrière elles, la socialiste Alizée Rey a échoué à seulement 914 voix du duo victorieux, capitalisant sur une solide alliance de gauche pour totaliser 29’624 suffrages au terme d’une campagne jugée très dynamique par les observateurs locaux.
Le calendrier incertain du gouvernement cantonal
L’annonce de la sénatrice secoue un échiquier politique cantonal déjà pleinement mobilisé par d’autres échéances électorales majeures. Cette décision tombe en effet au cœur de la campagne pour le renouvellement du Conseil d’État, dont l’issue sera scellée dans un délai de deux mois (rapporte la presse locale). Pour les candidats potentiels à l’exécutif, le timing s’avère particulièrement serré pour mener de front une telle bataille.

Actuellement, les deux ministres libéraux-radicaux en fonction au gouvernement cantonal, Romain Collaud et Didier Castella, cherchent à prolonger leur bail exécutif. Si ce dernier a d’ores et déjà écarté toute ambition fédérale pour l’échéance de 2027, le nom de la conseillère nationale Nadine Gobet circule avec insistance parmi les observateurs pour briguer la succession laissée vacante à Berne, bien que l’intéressée n’ait pas encore formulé de réponse publique.