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La Casa Rosada travaille sur un appel aux gouverneurs alliés pour l’après-élections

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 octobre 2024 à 20h16. À la veille des élections législatives, le gouvernement argentin de Javier Milei prépare une nouvelle stratégie pour consolider son pouvoir et mener à bien ses réformes, en misant sur le dialogue et la recherche de consensus avec les gouverneurs et les législateurs alliés.

  • Le gouvernement argentin envisage une nouvelle approche avec les gouverneurs alliés après les élections législatives.
  • L’objectif est de définir une feuille de route pour les deux prochaines années, en recherchant un accord avec tous ceux qui sont disposés à coopérer.
  • Une communication plus centralisée et une voix unique représentant l’exécutif auprès des gouverneurs sont envisagées.

Buenos Aires – Le gouvernement de Javier Milei se prépare déjà à l’après-électoral, en anticipant les résultats des élections législatives prévues ce week-end. L’exécutif argentin travaille à une nouvelle phase axée sur la recherche d’un consensus politique pour mener à bien ses réformes, notamment celles dites de « deuxième génération ». Une nouvelle approche avec les gouverneurs alliés est au cœur de cette stratégie.

Selon un membre influent de l’équipe présidentielle, l’objectif est clair : « Nous allons définir une feuille de route pour les deux prochaines années et, sur cette base, l’idée est de nous accorder avec tous ceux qui peuvent être d’accord. » Cette volonté de dialogue marque un changement de ton par rapport à la période précédant les élections, marquée par des tensions avec certains gouverneurs concernant la composition des listes électorales.

Cette orientation vers le consensus avait déjà été suggérée par Santiago Caputo, conseiller présidentiel, suite aux recommandations du consultant républicain Barry Bennett. Cependant, l’idée d’un dialogue constructif est désormais partagée par l’ensemble des différents courants au sein de l’écosystème libertaire.

Le président Milei devrait aborder cette question lors de son discours dimanche soir au bunker de La Libertad Avanza (LLA), situé à l’Hôtel Libertador à Retiro, Buenos Aires, où les résultats des élections seront suivis. Bien que le contenu exact de son allocution soit encore en préparation, ses collaborateurs indiquent qu’il devrait adopter un ton dialogique et ne sont pas exclus la possibilité d’un appel à l’unité nationale.

Parallèlement, l’exécutif prépare un nouvel appel aux gouverneurs, dans une démarche qui pourrait rappeler le Pacte de Mai, une initiative visant à établir une base de coopération entre le gouvernement central et les provinces. Un responsable gouvernemental a déclaré : « Il est prévu que cela se produise. Il faut définir une feuille de route commune, et en tout cas, explorer comment nous pouvons promouvoir vos intérêts locaux. »

La nécessité de résoudre les tensions avec les gouverneurs est de plus en plus pressante. L’exécutif exclut pour l’instant toute négociation concernant les postes au sein du cabinet, mais l’idée d’intégrer une représentation fédérale au prochain voyage du président Milei aux États-Unis, prévu le 5 novembre, est à l’étude.

Dans l’attente des résultats de dimanche, le gouvernement s’efforce de rétablir un dialogue plus fluide avec les gouverneurs. Il envisage notamment de reprendre contact avec les membres de l’alliance « Provinces-Unies », ainsi qu’avec Rolando Figueroa (Neuquén), Raúl Jalil (Catamarca), Osvaldo Jaldo (Tucumán) et Gustavo Sáenz (Salta).

Les relations avec Alfredo Cornejo (Mendoza), Léandro Zdero (Chaco) et Rogelio Frigerio (Entre Ríos) – les trois seuls gouverneurs avec lesquels La Libertad Avanza a réussi à former une alliance électorale – sont déjà jugées positives.

Pour faciliter ce dialogue, le gouvernement argentin envisage de désigner une voix unique représentant l’exécutif auprès des gouverneurs, afin d’éviter les malentendus et les tensions internes causés par la multiplicité des interlocuteurs. Jusqu’à présent, les gouverneurs devaient s’adresser à différents responsables en fonction de leurs demandes : Eduardo « Lule » Menem pour les questions de montage, Guillermo Francos, chef de cabinet, et Lisandro Catalan, ministre de l’Intérieur, pour les demandes à la Nation, et Santiago Caputo comme alternative.

Le président Milei a lui-même pris conscience de ce problème de communication et a reçu des plaintes de la part des gouverneurs. Malgré ses efforts, il n’a pas encore réussi à rationaliser le processus. « Les gouverneurs veulent que quelqu’un les appelle. La table continue d’être mise pour un accord de gouvernance », a souligné un responsable.

L’ancien président Mauricio Macri a également plaidé en faveur d’une approche similaire, appelant l’exécutif à construire une « nouvelle majorité » avec des législateurs d’autres partis pour faire adopter les réformes nécessaires. Cette demande a été bien accueillie par Guillermo Francos, qui s’est dit ouvert à l’expansion des bases et à une collaboration accrue avec les secteurs alliés. Francos a d’ailleurs joué un rôle clé dans la réconciliation entre Macri et Milei, en organisant de nouvelles rencontres au domaine Olivos.

Santiago Caputo soutient également cette approche, estimant qu’il est essentiel de consolider un accord avec le PRO (Propuesta Republicana) à la Chambre des députés. « Pour la troisième année, nous n’avons pas besoin de veto mais de votes car les réformes sont extrêmement importantes », ont-ils souligné.

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