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La CIJ déclare qu’Israël doit autoriser les livraisons d’aide de l’ONU à Gaza pour répondre aux besoins fondamentaux

La Cour internationale de Justice (CIJ) a rappelé à Israël ses obligations légales concernant l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza, alors que la situation humanitaire dans la bande s'aggrave. La plus haute juridiction de l'ONU a également rejeté…

La CIJ déclare qu’Israël doit autoriser les livraisons d’aide de l’ONU à Gaza pour répondre aux besoins fondamentaux

La Cour internationale de Justice (CIJ) a rappelé à Israël ses obligations légales concernant l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, alors que la situation humanitaire dans la bande s’aggrave. La plus haute juridiction de l’ONU a également rejeté les accusations israéliennes visant à remettre en question la neutralité de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

Dans un avis consultatif rendu public ce mercredi, la CIJ a estimé qu’Israël doit « garantir que la population du territoire palestinien occupé dispose des biens essentiels à la vie quotidienne, notamment de la nourriture, de l’eau, des vêtements, un abri, du carburant et des fournitures médicales ». La Cour a également souligné qu’Israël doit « accepter et faciliter par tous les moyens à sa disposition les programmes de secours » tant que la population de Gaza ne sera pas suffisamment approvisionnée.

L’avis, bien que non contraignant, revêt une importance morale et diplomatique considérable. Il intervient suite à une demande de l’Assemblée générale des Nations unies, qui souhaitait connaître les obligations d’Israël en tant que puissance occupante envers les organisations humanitaires opérant à Gaza et en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est.

La CIJ a également examiné les allégations israéliennes selon lesquelles l’UNRWA serait compromise par des liens avec le Hamas. Le président de la Cour, Yuji Iwasawa, a déclaré que les informations fournies n’étaient « pas suffisantes pour établir le manque de neutralité de l’UNRWA » et qu’Israël n’avait pas étayé ses affirmations selon lesquelles une partie significative des employés de l’agence seraient membres du Hamas ou d’autres groupes armés.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué cette décision, exprimant l’espoir qu’Israël la respectera. « Il s’agit d’une décision très importante, » a-t-il déclaré, ajoutant que l’ONU s’efforce d’intensifier les livraisons d’aide à Gaza face à une situation « tragique ».

Israël a immédiatement rejeté l’avis de la CIJ, le qualifiant de « politique » et réaffirmant qu’il ne coopérerait pas avec l’UNRWA, qu’il a interdite sur son territoire. Le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé qu’Israël respectait pleinement ses obligations en vertu du droit international et qu’il ne collaborerait pas avec une organisation qu’il considère comme infiltrée par des « activités terroristes ».

L’UNRWA, qui emploie 12 000 Palestiniens à Gaza, a nié à plusieurs reprises les accusations d’Israël. L’agence a indiqué que, malgré l’interdiction israélienne, son personnel continue de fournir une assistance et des services essentiels aux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Elle a toutefois souligné qu’Israël lui refuse l’accès à Gaza et ne délivre plus de visas à son personnel international.

Depuis le début de la guerre à Gaza, l’UNRWA affirme qu’au moins 309 de ses membres du personnel et 72 personnes soutenant ses activités ont été tués. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, fait état d’au moins 68 229 décès dus aux frappes israéliennes depuis le début du conflit.

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a signalé mardi qu’environ 750 tonnes de fournitures humanitaires entraient quotidiennement dans la bande de Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Avant ce cessez-le-feu, des experts de l’ONU avaient averti que plus de 640 000 personnes à Gaza étaient confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire, et qu’une famine « entièrement provoquée par l’homme » menaçait la ville de Gaza.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a déclaré que l’avis consultatif de la CIJ indiquait « très clairement qu’Israël doit mettre fin à ces politiques illégales et que les États ont l’obligation d’amener Israël à se conformer à ses obligations à cet égard ». Il a appelé Israël à lever immédiatement l’interdiction imposée à l’UNRWA et à permettre à toutes les organisations internationales invitées par la Palestine d’opérer librement et en toute sécurité.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.