Publié le 24 décembre 2025 à 16h34. La Commission européenne a fermement condamné la décision américaine d’imposer des restrictions de voyage à cinq citoyens européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton, en représailles à leur engagement en faveur de la régulation des géants du numérique.
Bruxelles a promis de défendre son autonomie réglementaire face à ce qu’elle considère comme une ingérence injustifiée. L’administration américaine justifie ces mesures par la volonté de contrer ce qu’elle qualifie de censure extraterritoriale.
Parmi les personnes visées par ces interdictions de visa figurent également Imran Ahmed, directeur général du Center for Countering Digital Hate (basé aux États-Unis) ; Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, de l’association allemande à but non lucratif HateAid ; et Clare Melford, cofondatrice du Global Disinformation Index.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réagi en affirmant :
« La liberté d’expression est le fondement de notre démocratie européenne forte et dynamique. Nous en sommes fiers. Nous la protégerons. »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
Le président français Emmanuel Macron a également dénoncé ces mesures sur la plateforme X, les qualifiant d’« intimidation et de coercition visant à porter atteinte à la souveraineté numérique européenne ». Il a souligné que les réglementations numériques de l’Union européenne, adoptées par un processus démocratique, s’appliquent au sein de l’Europe pour garantir une concurrence loyale et protéger les citoyens, sans cibler aucun pays tiers.
« Les règles régissant l’espace numérique de l’Union européenne n’ont pas vocation à être déterminées en dehors de l’Europe. »
Emmanuel Macron, président français
Thierry Breton a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du Digital Services Act (DSA), une loi européenne visant à encadrer les plateformes numériques et à lutter contre la diffusion de contenus illégaux et de désinformation. Le DSA, ainsi que d’autres initiatives européennes, visent à responsabiliser les géants du numérique et à garantir un environnement en ligne plus sûr pour les utilisateurs.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a défendu la décision de son administration sur X, déclarant que celle-ci « ne tolérerait plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale ».
La Commission européenne a indiqué qu’elle demandait des éclaircissements sur cette affaire et qu’elle réagirait « de manière rapide et décisive » si nécessaire pour défendre son autonomie réglementaire.