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La conférence sur le climat se termine sans plan de sortie du charbon, du pétrole et du gaz

by Clara Dubois

Publié le 22 novembre 2025 à 18h37. La 30e Conférence mondiale sur le climat, qui s’est achevée au Brésil, a abouti à un compromis minimal, sans engagement ferme pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, suscitant des réactions mitigées et des inquiétudes quant à l’atteinte des objectifs climatiques.

  • Les négociateurs n’ont pas réussi à s’entendre sur un plan contraignant pour abandonner le charbon, le pétrole et le gaz.
  • Les pays riches se sont engagés à tripler d’ici 2035 leur aide financière aux pays les plus vulnérables face au changement climatique.
  • Le ministre fédéral allemand de l’Environnement a exprimé sa déception face au blocage des États pétroliers.

Après plus de 19 heures de négociations supplémentaires, la Conférence mondiale sur le climat de Belém n’a pas permis de dégager un accord contraignant pour l’abandon progressif des combustibles fossiles – pétrole, charbon et gaz. Près de 200 pays se sont accordés sur une initiative volontaire visant à accélérer les efforts nationaux en matière de protection du climat.

Le ministre fédéral allemand de l’Environnement, Carsten Schneider, a affiché une certaine déception, estimant que les États producteurs de pétrole avaient fait obstacle à des décisions plus ambitieuses. Il a souligné l’absence de mention des sources d’énergie fossiles dans le document final, se limitant à l’expression « gaz à effet de serre ».

Plus d’aide climatique obtenue

Un accord a toutefois été trouvé concernant l’augmentation significative de l’aide financière des pays riches aux nations les plus pauvres, afin de les aider à s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique. L’objectif est de tripler ce financement d’ici 2035.

L’expert financier Jan Kowalzig d’Oxfam a critiqué l’absence de définition d’une année de base pour ce triplement et l’absence de montant précis. Il craint que le montant final soit inférieur aux 120 milliards de dollars annuels réclamés par les pays en développement.

Une large alliance voulait éliminer progressivement le charbon, le pétrole et le gaz

Le document final a été retardé en raison des demandes d’une large alliance d’environ 80 pays, dont l’Allemagne et l’Union européenne, qui réclamaient un plan d’élimination progressive du charbon, du pétrole et du gaz. Ces pays n’ont cependant pas réussi à imposer leur position face à l’opposition de nations pétrolières comme l’Arabie saoudite et de la Chine. Les décisions des Conférences des Nations unies sur les changements climatiques nécessitent un consensus général.

Lors de la conférence sur le climat de Dubaï l’année précédente, la communauté internationale s’était déjà engagée à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles. À Belém, il n’a pas été précisé quand et comment cet objectif serait atteint. Le Brésil entend désormais initier une feuille de route pour une sortie volontaire. « Nous savons que certains avaient des ambitions plus élevées », a déclaré le président de la COP30, André Corrêa do Lago, lors de la séance plénière de clôture.

Le ministre de l’Environnement critique le manque d’engagement

Le ministre de l’Environnement, Schneider, a critiqué le manque d’engagement d’autres pays.

« Je m’attendais à une voix plus forte en faveur de la protection du climat, en particulier de la part des pays les plus touchés, des États insulaires et de l’Afrique »,

Carsten Schneider, ministre fédéral allemand de l’Environnement

a-t-il déclaré. Il a ajouté que cette voix n’avait été entendue qu’en Europe, qualifiant la conférence de « pas de côté, un pas intermédiaire ».

Concernant le possible retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat, le ministre a souligné l’importance de la participation de tous les acteurs, même en l’absence de certains acteurs majeurs.

Commissaire européen au climat : L’accord « va dans le bon sens »

Jochen Flasbarth, secrétaire d’État de Schneider, a déclaré à l’agence de presse AFP que le texte révisé de la résolution plaçait le monde dans une situation légèrement meilleure qu’il ne l’était il y a deux jours. Il a justifié le refus de l’UE de laisser l’accord s’effondrer en affirmant qu’il n’existait « aucun autre processus » pour faire progresser les efforts mondiaux de protection du climat que les conférences des Nations unies sur le climat.

Le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, a également déclaré que l’UE aurait souhaité plus d’ambition. Cependant, il a estimé que l’accord allait au moins « dans la bonne direction ». Les décisions des négociations impliquant les quelque 190 États membres doivent être prises par consensus. Le contexte politique mondial actuel est difficile, et parvenir à un accord lors de la conférence sur le climat est donc « une valeur en soi ». L’UE continuera à travailler pour renforcer les engagements. « Le monde est tel qu’il est. Et la conférence est ce qu’elle est. »

La ministre française de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Monique Barbut, a qualifié l’accord de « sans ambition ». Tout en reconnaissant qu’il ne représente pas un recul, elle a ajouté : « Je ne peux pas qualifier cette COP de succès. »

Atterrissage sur le ventre pour le Brésil

Le résultat est un revers pour le Brésil, qui avait placé cette conférence sous le signe de l’espoir. Le président Luiz Inácio Lula da Silva avait initialement appelé à l’adoption de feuilles de route permettant à l’humanité de surmonter sa dépendance aux combustibles fossiles et d’enrayer la déforestation.

Le choix du Brésil comme lieu de la conférence, délibérément situé à la lisière de la région amazonienne, cruciale pour le climat mondial, avait suscité de grandes attentes. Cependant, la conférence n’a pas abouti à l’adoption d’un « plan d’action forestier » concret pour freiner la destruction des forêts, se contentant de réaffirmer une décision antérieure visant à mettre fin à la déforestation d’ici 2030.

Les hôtes brésiliens ont toutefois présenté un nouveau fonds pour la protection de la forêt tropicale, auquel l’Allemagne a promis un financement d’un milliard d’euros sur dix ans. Ce fonds vise à récompenser les pays qui préservent leurs forêts et à pénaliser ceux qui les détruisent.

La limite de 1,5 degré est temporairement dépassée

Face à l’urgence climatique, une action rapide est impérative. La combustion du pétrole, du gaz et du charbon, principale source d’émissions de gaz à effet de serre, est responsable du réchauffement de la planète. Les dix dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

Les scientifiques prévoient désormais que le seuil de réchauffement climatique de 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, fixé par l’Accord de Paris, sera temporairement dépassé, au moins au début des années 2030. Les conséquences pourraient être dramatiques : tempêtes plus violentes, incendies de forêt, sécheresses et inondations.

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