Publié le 18 décembre 2025 à 08h10. La Cour suprême indienne examine attentivement le cas d’un homme de 32 ans, dans un état végétatif depuis douze ans suite à une chute, et pourrait autoriser l’euthanasie passive, après avoir entendu les arguments de la famille et des experts médicaux.
- La Cour suprême a pris note d’un rapport médical qualifié de « triste » par l’un de ses juges, soulignant l’état de souffrance du patient.
- Elle prévoit d’entendre personnellement les parents du patient le 13 janvier afin de prendre une décision éclairée.
- L’affaire s’inscrit dans le cadre des directives établies par la Cour constitutionnelle indienne en 2018 concernant l’euthanasie passive et les directives anticipées.
La Cour suprême indienne s’est penchée ce jour sur le rapport de l’Institut des sciences médicales (AIIMS) concernant l’état de santé d’Harish Rana, un homme de 32 ans plongé dans un état végétatif depuis douze ans après une chute d’un immeuble. L’examen de ce dossier pourrait aboutir à une autorisation d’euthanasie passive, une procédure qui consiste à interrompre les traitements maintenant en vie un patient sans intention directe de provoquer sa mort.
Le juge JB Pardiwala, membre de la Cour, a qualifié le rapport de l’AIIMS de « triste », notant que les perspectives de rétablissement du patient étaient inexistantes. Il a souligné la nécessité de ne pas prolonger indéfiniment une situation de souffrance. Le patient, alimenté par une gastrostomie et respirant grâce à une trachéotomie, présente également d’importantes escarres, selon les informations contenues dans le rapport.
La Cour a ordonné la transmission du rapport médical à l’avocate du requérant, Rashmi Nandakumar, ainsi qu’à la Solliciteur générale adjointe, Aishwarya Bhati, afin qu’elles puissent l’examiner et formuler des recommandations. Elle a insisté sur la nécessité de leur expertise pour l’aider à prendre une décision finale.
« Nous avons atteint un stade où nous devrons prendre une décision définitive. Votre aide approfondie sera donc nécessaire. Nous demanderons au greffe de vous fournir une copie du rapport. Étudiez-le. Mme Bhati et Mme Rashmi, vous devrez nous aider. C’est un rapport très triste et ce sera un grand défi pour nous aussi, mais nous ne pouvons pas garder ce jeune homme dans cet état pour toujours. »
Juge JB Pardiwala
La Cour a également exprimé son souhait de rencontrer personnellement les parents d’Harish Rana, estimant qu’une discussion en face à face serait plus appropriée qu’une simple visioconférence dans une affaire aussi délicate. Une audience a été fixée au 13 janvier à 15 heures.
Cette affaire intervient après une première requête déposée par le père du patient en 2024, demandant l’autorisation d’une euthanasie passive. La Cour suprême avait alors refusé cette demande, mais avait demandé à l’État de l’Uttar Pradesh de prendre en charge les soins médicaux du patient. Le père a ensuite déposé une nouvelle requête, soulignant l’aggravation de l’état de son fils et l’absence de réponse aux traitements.
La Cour a constitué une commission médicale secondaire, rattachée à l’AIIMS, pour évaluer la situation. Le rapport de cette commission, transmis le 16 décembre 2025, détaille les antécédents médicaux, l’examen clinique et neurologique du patient, ainsi que les critères diagnostiques utilisés.
Détails de l’affaire : HARISH RANA contre UNION OF INDIA | MA 2238/2025 dans le SLP(C) n° 18225/2024
L’affaire est suivie de près, car elle soulève des questions éthiques et juridiques complexes concernant le droit à une mort digne et les limites des soins médicaux.
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