Publié le 12 décembre 2025 07:12:00. Les footballeuses professionnelles pourraient se lancer dans un mouvement de grève si des périodes de repos obligatoires ne sont pas intégrées au prochain calendrier des rencontres internationales, avertit la FIFPRO, leur syndicat mondial. Un rapport alarmant révèle une surcharge de matchs sans précédent, exacerbant les inégalités entre les joueuses d’élite et celles des divisions inférieures.
- Les 15 joueuses les plus sollicitées ont disputé au moins 50 matchs lors de la saison 2024-2025.
- Aitana Bonmati (Barcelone/Espagne) et Alessia Russo (Arsenal/Angleterre) sont parmi les joueuses les plus touchées, avec des taux élevés de matchs consécutifs.
- La FIFPRO exige l’instauration de périodes de repos obligatoires, sous peine de recourir à des actions plus radicales.
Le football féminin professionnel est confronté à une crise de calendrier, selon un rapport publié ce vendredi par la FIFPRO (Fédération Internationale des Associations de Footballeurs Professionnels). L’étude met en évidence un « écosystème à deux niveaux » où les exigences physiques imposées aux joueuses de haut niveau augmentent de manière exponentielle, tandis que les joueuses évoluant dans les divisions inférieures ne bénéficient pas d’un soutien suffisant ni d’un calendrier plus équilibré.
La saison 2024-2025 a été particulièrement éprouvante. Pour la première fois depuis le début du suivi par la FIFPRO en 2020-2021, les 15 joueuses les plus actives ont toutes disputé au moins 50 matchs. L’attaquante espagnole Aitana Bonmati, star du FC Barcelone, a ainsi participé à 60 rencontres avec son club et sa sélection nationale, dont 57 % se sont enchaînés avec moins de cinq jours de repos entre chaque match. L’attaquante anglaise Alessia Russo, évoluant à Arsenal, a connu une charge de travail similaire, avec 57 matchs joués et un taux de matchs consécutifs encore plus élevé, atteignant 61 %.
Alex Culvin, responsable du football féminin à la FIFPRO, souligne un déséquilibre persistant en matière de récupération.
« Malgré l’augmentation des exigences, les ressources allouées à la récupération des joueuses restent inférieures à celles mises à disposition de leurs homologues masculins. »
Alex Culvin, responsable du football féminin à la FIFPRO
Bien que le calendrier international féminin pour la période 2026-2029 soit déjà fixé, la FIFPRO espère pouvoir influencer le cycle suivant (2029-2031) en y intégrant des périodes de repos obligatoires. L’organisation n’hésitera pas à envisager des mesures plus fortes si ses revendications ne sont pas prises en compte.
« Nous disons toujours que la grève est une ultime solution. Ce qui est très clair dans le monde du football féminin, c’est que les joueuses sont unies et qu’il existe une grande solidarité entre elles. »
Alex Culvin, responsable du football féminin à la FIFPRO
Les joueuses, souvent confrontées à la discrimination et à la marginalisation, sont particulièrement sensibilisées aux questions de justice sociale et d’activisme.
« Si les joueuses ne sont pas écoutées, nous devrons adopter une autre approche. Lors du prochain cycle de consultations, les périodes de repos obligatoires seront notre priorité absolue. »
Alex Culvin, responsable du football féminin à la FIFPRO
La FIFPRO reconnaît qu’il pourrait être difficile d’imposer une période de repos uniforme à l’échelle mondiale et envisage des adaptations en fonction des confédérations.
Le rapport de la FIFPRO met également en lumière la sous-valorisation des joueuses évoluant dans les divisions inférieures. Il recommande notamment d’élargir les ligues nationales, de développer les compétitions nationales et d’augmenter le nombre d’équipes participant à l’Euro féminin, en passant de 16 à 24.