Publié le 2 novembre 2025 à 07h32. Tadej Pogacar continue d’écrire l’histoire du cyclisme, suscitant à la fois l’admiration et l’inquiétude dans le peloton. Après une saison 2025 exceptionnelle, le Slovène domine outrageusement la discipline, relançant le débat sur l’équilibre de la compétition.
- Tadej Pogacar a remporté à la fois le Tour de France et les Championnats du monde sur route pour la deuxième année consécutive.
- Il a égalé la légende Eddy Merckx en remportant trois Monuments classiques en une seule saison.
- Ses performances suscitent des interrogations sur l’avenir du cyclisme et la domination d’un seul coureur.
L’année 2025 restera gravée dans les annales du cyclisme comme l’apogée de Tadej Pogacar. Le Slovène, âgé de 27 ans, a non seulement conquis pour la quatrième fois le Tour de France, mais a également décroché le titre de champion du monde sur route, exploit qu’il avait déjà réalisé en 2024. Sa saison, marquée par 20 victoires sur 40 courses disputées, témoigne d’une régularité et d’une polyvalence hors du commun.
Pogacar a également brillé dans les courses d’un jour, rejoignant le légendaire Eddy Merckx comme seul coureur à avoir remporté trois Monuments en une seule saison. Ses succès au Tour des Flandres, à Liège-Bastogne-Liège et au Giro di Lombardia confirment sa capacité à exceller sur tous les types de terrains. Le coureur lui-même affiche une ambition intacte :
« C’était une saison parfaite cette année, mais nous verrons si nous pouvons nous améliorer l’année prochaine. Nous voulons que la prochaine soit la même ou même meilleure, si possible. »
Tadej Pogacar
Au sein de l’équipe UAE Team Emirates-XRG, l’admiration est à son comble. Jeroen Swart, responsable des performances, compare Pogacar à des légendes d’autres sports :
« Cela n’arrive qu’une fois par génération. C’est comme travailler avec Roger Federer ou Tiger Woods. »
Jeroen Swart, responsable des performances de l’équipe UAE Team Emirates-XRG, cité par L’Équipe
Les autres coureurs, même ses rivaux, ne peuvent qu’exprimer leur respect. Jonathan Milan, vainqueur du maillot vert du Tour de France 2025, estime que Pogacar « entre dans l’histoire », le qualifiant de « l’un des meilleurs, sinon le meilleur de tous les temps » (Sunday Times). Jasper Philipsen, ancien détenteur du maillot vert, est tout aussi impressionné :
« C’est fou, je n’ai jamais vu un gars aussi talentueux que lui, il domine le cyclisme… Vous voyez beaucoup de gars, ils font une bonne année, mais l’année prochaine peut-être un peu moins mais, pour lui, ça ne fait que grandir et grandir. »
Jasper Philipsen
Même les légendes du cyclisme sont frappées par la domination de Pogacar. Mark Cavendish, retraité et détenteur du record de 35 victoires d’étape sur le Tour de France, a déclaré avec une pointe d’ironie :
« Bonne chance les gars pour les deux prochaines années ! »
Mark Cavendish
Cette domination soulève des questions sur l’avenir du cyclisme. Thijs Zonneveld, ancien cycliste devenu analyste, s’interroge sur un possible déséquilibre :
« Peut-être que le cyclisme a un problème. Il gagne dans les Grands Tours, les Classiques, les championnats du monde et maintenant aussi les (championnats) d’Europe. »
Thijs Zonneveld, analyste, sur son podcast In de Waaier
Traditionnellement, le cyclisme est divisé en spécialistes : grimpeurs, sprinteurs, rouleurs. Pogacar, lui, excelle dans tous les domaines. Sa régularité, sa capacité de récupération et sa maîtrise tactique lui permettent de dominer toutes les courses. Selon l’entraîneur Paul van den Bosch (Sporza) :
« Pogacar peut effectuer presque tous les entraînements à haute intensité. D’autres coureurs le font par blocs, en y allant doucement certains jours. Cela fait de lui un phénomène : la combinaison de ne jamais se fatiguer, de récupérer très rapidement après les courses et les entraînements, et de pouvoir s’entraîner très dur. »
Paul van den Bosch, entraîneur
Son ancien entraîneur, Inigo San Millan, souligne son efficacité métabolique exceptionnelle (podcast El Partidazo) :
« Il a une grande capacité, une efficacité métabolique très importante. Quand le reste des coureurs font 8 000 tours par minute, il continue à 3 000. Donc il a deux, trois, quatre vitesses de plus que la moyenne. »
Inigo San Millan, ancien entraîneur de Pogacar
Les coureurs eux-mêmes reconnaissent la difficulté de suivre Pogacar. Ben O’Connor, vainqueur d’étapes sur les trois Grands Tours, a avoué après le Giro d’Italia 2024 :
« J’ai toujours voulu essayer de suivre Pog, mais j’étais le gars le plus stupide de la course. »
Ben O’Connor
Seul Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour de France, a réussi à rivaliser avec Pogacar, le considérant comme le plus grand cycliste de tous les temps. Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, voit des similitudes avec Eddy Merckx (AFP) :
« Pogacar, quand il voit qu’il a la chance d’appuyer sur la gâchette, il appuie sur la gâchette – un peu comme Eddy (Merckx). »
Bernard Hinault
Bradley Wiggins, ancien vainqueur du Tour de France, tempère cependant : Pogacar a besoin de plus de temps pour égaler le palmarès de Merckx (TheMove). Il lui manque encore la Vuelta a Espana et quelques Monuments classiques pour compléter sa collection.
Pogacar, lui, minimise les comparaisons :
« Je n’aime pas ce genre de comparaison… personne n’aime être comparé à quelqu’un d’autre tout le temps. »
Tadej Pogacar
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Reportage supplémentaire de Melvyn Teoh
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