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La justice bolivienne a ordonné la libération immédiate de l’ancienne présidente Jeanine Añez après avoir annulé la peine de 10 ans de prison

Publié le 5 novembre 2023 16:38. L'ancienne présidente bolivienne Jeanine Áñez a été libérée de prison après l'annulation de sa condamnation à dix ans pour un présumé complot visant à prendre le pouvoir en 2019. Cette décision de…

La justice bolivienne a ordonné la libération immédiate de l’ancienne présidente Jeanine Añez après avoir annulé la peine de 10 ans de prison

Publié le 5 novembre 2023 16:38. L’ancienne présidente bolivienne Jeanine Áñez a été libérée de prison après l’annulation de sa condamnation à dix ans pour un présumé complot visant à prendre le pouvoir en 2019. Cette décision de la Cour suprême de justice bolivienne met fin à une affaire politiquement sensible qui avait suscité de vives réactions internationales.

  • La Cour suprême de justice de Bolivie a annulé la peine de dix ans de prison contre Jeanine Áñez.
  • L’annulation de la peine ordonne la libération immédiate de l’ancienne présidente.
  • La décision fait suite à un recours en révision extraordinaire de la peine déposé par la défense d’Áñez.

La Cour suprême de justice (TSJ) de Bolivie a annulé mercredi la peine de dix ans de prison infligée à l’ancienne présidente Jeanine Áñez dans l’affaire dite du « coup d’État », ordonnant ainsi sa libération immédiate. L’annonce a été faite par le président du tribunal de grande instance, Romer Saucedo, qui a précisé que cette mesure faisait suite à un recours en révision extraordinaire de la peine déposé par les avocats d’Áñez. Selon les déclarations de Saucedo à la presse locale, sept juges du tribunal ont soutenu la résolution, tandis que deux se sont opposés.

« L’annulation de sa peine a été ordonnée ; elle avait une peine exécutoire de dix ans et, par conséquent, sa liberté est ordonnée le jour même », a déclaré Saucedo. Il a souligné que la décision s’inscrit dans le cadre des garanties d’une procédure régulière, visant à assurer que le recours en révision extraordinaire constitue un mécanisme permettant de corriger des erreurs ou d’éviter des violations des droits fondamentaux des personnes poursuivies.

L’annulation de la peine a un impact direct sur la situation juridique de Jeanine Áñez, qui était détenue dans une prison de La Paz depuis 2022. Elle avait été condamnée pour avoir assumé la présidence de la Bolivie en 2019, suite à la démission d’Evo Morales et d’autres hauts fonctionnaires du gouvernement dans un contexte de crise politique. L’affaire du « coup d’État » portait sur les allégations d’irrégularités entourant sa prise de pouvoir et l’accusation d’avoir violé l’ordre constitutionnel du pays.

La situation de Jeanine Áñez a suscité un débat national et international depuis son arrestation. Des organisations de défense des droits de l’homme avaient exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations concernant le processus judiciaire et les conditions de détention de l’ancienne présidente. En Bolivie, l’affaire a alimenté des discussions intenses sur le rôle des pouvoirs de l’État, la politisation de la justice et l’indépendance du système judiciaire.

À la veille de l’annonce judiciaire, Jeanine Áñez avait publié un long message sur son compte X (anciennement Twitter), partageant son état émotionnel après près de cinq ans de privation de liberté.

« Ces presque 5 années de privation de liberté m’ont marquée, mais elles n’ont pas brisé ma conviction. »

Jeanine Áñez

Elle a défendu ses actions lors de la crise de 2019, affirmant qu’elle ne regretterait jamais « d’avoir servi mon pays quand il en avait besoin », et a soutenu qu’elle avait agi « avec conscience et un cœur ferme, sachant que les décisions difficiles ont un prix ».

Dans son message, Jeanine Áñez a affirmé que « la liberté la plus profonde ne dépend pas des murs, mais du maintien de la vérité sur ce que j’ai fait et pourquoi je l’ai fait ». Elle a également dénoncé le fait d’être injustement privée de liberté et d’être stigmatisée pour des actes de corruption qu’elle n’aurait jamais commis. L’ancienne présidente a affirmé avoir été la cible d’accusations répétées et que sa situation avait été aggravée par l’absence de soutien politique : « J’ai l’impression qu’ils m’ont vue seule, sans soutien politique, et qu’ils ont profité de cette vulnérabilité pour ternir mon nom. » Elle a assuré qu’elle s’était défendue « avec la vérité » et a reconnu le coût personnel et familial de sa détention, notamment pour sa fille qui, selon elle, « a dû subir des attaques et des censures pour des décisions qui n’appartenaient qu’à moi ».

Jeanine Áñez a souligné que l’un des aspects les plus douloureux de son expérience avait été de faire face aux critiques de ceux qui, selon elle, partageaient ses idéaux et de constater l’impact de la situation sur son entourage immédiat. « Ils m’ont déçue, ils m’ont blessée, mais ils n’ont pas réussi à me faire plier. Malgré tout, je continue la tête haute », a-t-elle déclaré dans son message public, ajoutant que sa dignité et sa conscience restaient « intactes ».

La décision de la Cour suprême de justice annule la peine qui maintenait Jeanine Áñez en prison depuis plus de deux ans. La résolution a été adoptée après un examen des procédures et des arguments présentés par la défense, dans le cadre du recours en révision extraordinaire qui, selon les autorités judiciaires, vise à garantir le respect des garanties procédurales et des droits des personnes poursuivies pénalement. L’ordre de libération immédiate marque un nouveau chapitre dans l’une des affaires judiciaires les plus importantes et les plus controversées de Bolivie ces dernières années.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.