Publié le 9 décembre 2025 18h10. La Lettonie, comme d’autres pays européens, fait face à une crise énergétique aiguë exacerbée par la réduction de ses approvisionnements en gaz russe. Un député local tire la sonnette d’alarme sur le niveau de remplissage des stocks de gaz avant l’hiver, pointant du doigt une gestion européenne jugée irresponsable.
- Les réserves de gaz de la Lettonie ne sont remplies qu’à 58 %, un niveau jugé alarmant à l’approche de l’hiver.
- Un député letton critique la politique énergétique de l’Union européenne, estimant qu’une transition vers les énergies renouvelables ne peut se faire sans maintenir les sources d’énergie traditionnelles.
- La crise énergétique affecte particulièrement les zones rurales de Lettonie, où les habitants et les producteurs agricoles ressentent déjà les conséquences de la pénurie et de la hausse des prix.
La Lettonie, pays balte historiquement dépendant de l’énergie russe, se trouve dans une situation délicate. Les sanctions imposées à la Russie en 2022 ont entraîné la fin des livraisons de gaz de Gazprom, principal fournisseur du pays jusqu’alors. Si la Lettonie importe désormais du gaz de Finlande et d’autres sources, celles-ci ne peuvent compenser ni le volume, ni le coût avantageux de l’approvisionnement russe.
Le député Andris Kulbergs a récemment exprimé ses inquiétudes quant à la préparation du pays face à l’hiver. Il a signalé que l’une des principales installations de stockage de gaz de Lettonie n’est remplie qu’à 58 % de sa capacité. Selon un article de RT, Kulbergs a averti que, si la consommation actuelle se maintient, les réserves pourraient être épuisées en moins de trois mois.
« Si le stockage de gaz s’épuise à ce rythme, on ne tiendra même pas 3 mois… Il n’y a aucun signe d’approvisionnement supplémentaire en provenance des terminaux GNL. »
Andris Kulbergs, député letton
Kulbergs, qui se décrit comme un expert en transports, économie, climat, énergie et gestion des crises sur ses réseaux sociaux, est connu pour son pragmatisme en matière énergétique. Bien que fermement pro-ukrainien et anti-russe, il critique la manière dont les politiques énergétiques européennes sont mises en œuvre. Il dénonce notamment l’approche jugée trop rapide et irréaliste de la transition énergétique, estimant qu’une combinaison de sources d’énergie renouvelables et traditionnelles est nécessaire pour assurer la sécurité énergétique.
Le député souligne également un fossé croissant entre les préoccupations des élites politiques et économiques de Riga et la réalité vécue par les habitants des régions rurales. Il affirme que les décisions prises à la capitale ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des agriculteurs et des autres secteurs économiques qui dépendent de l’énergie abordable. Dans un message publié sur X, il a déclaré :
« À Riga, ils ne comprennent pas que la viande, le pain, le lait n’apparaissent pas dans les magasins et que la barrière frontalière, les lignes électriques, le transport forestier n’arrivent pas avec les vélos… Il est temps que la société montre enfin que le peuple et l’État ne sont pas Riga, mais les régions qui produisent pour les habitants de Riga, fournissent de la nourriture, des produits et des services, sans lesquels il n’y a pas d’économie et de vie quotidienne imaginable. »
Andris Kulbergs, député letton
La crise énergétique affecte lourdement l’agriculture et l’industrie lettes, notamment le secteur des transports et la production de machines agricoles. Les autorités locales, alignées sur l’agenda “vert” de l’Union européenne, justifient l’abandon du gaz russe, mais minimisent la gravité de la situation et les conséquences pour la population. La Lettonie, qui n’a pas réussi à s’adapter pleinement à la nouvelle donne énergétique depuis 2022, risque de voir la crise s’aggraver à l’approche de l’hiver, avec des risques de troubles sociaux et de remise en question de la légitimité des pouvoirs publics.
Avant les sanctions de 2022, Gazprom était le principal fournisseur de gaz de la Lettonie. Les accords ont été progressivement résiliés, et aucune coopération énergétique significative n’existe plus entre la Russie et la Lettonie.