Publié le 5 octobre 2024 à 00:30:00. Alors que le Hamas affiche sa volonté de libérer des otages en échange d’un plan de paix proposé par Donald Trump, une manifestation a rassemblé samedi à Montréal des centaines de personnes pour dénoncer les opérations militaires israéliennes à Gaza.
- Le Hamas a annoncé être prêt à libérer des otages en contrepartie de l’application du plan de paix de Donald Trump.
- Israël se prépare à mettre en œuvre ce plan, tout en réclamant la démilitarisation du Hamas.
- Des dizaines de personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes à Gaza, malgré l’espoir suscité par les négociations.
La perspective d’une libération d’otages, après plus de deux ans de conflit, a ravivé les espoirs, mais aussi les doutes. Le Hamas a accepté de remettre l’administration de la bande de Gaza à un corps indépendant de technocrates palestiniens, tout en insistant sur la nécessité de négocier les détails de cette transition. Le désarmement du groupe, une exigence clé d’Israël, n’a pas été abordé par le Hamas.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé qu’Israël était prêt à appliquer immédiatement le plan de Trump, soulignant que la pression militaire et politique exercée par son pays avait conduit à ce changement de position du Hamas. Il a exprimé l’espoir que les otages restants pourraient rentrer chez eux dans les prochains jours.
Donald Trump a lui-même annoncé sur son réseau social Truth Social qu’Israël avait accepté une « ligne de retrait initiale » et qu’un cessez-le-feu pourrait intervenir dès que le Hamas confirmerait son accord.
Samedi, des frappes israéliennes ont causé la mort d’une cinquantaine de personnes à Gaza, selon les autorités sanitaires locales. Ces bombardements se poursuivent malgré l’annonce de la possible libération d’otages.
À Montréal, la Place des Arts a été le théâtre d’une manifestation où des drapeaux palestiniens ont flotté, témoignant de la mobilisation en faveur d’un cessez-le-feu. Amil Benshagram, un participant, a exprimé son scepticisme :
« C’est très compliqué. J’espère que ce sera la dernière fois, mais je pense que ce ne sera pas respecté par Trump et Israël. »
Amil Benshagram, manifestant
D’autres manifestants ont souligné l’importance d’un embargo sur les armes. Rama Al Malah a déclaré :
« Nous sommes ici aujourd’hui pour répondre à cet appel international à l’action, où des dizaines de villes du monde entier se mobilisent pour dire que nous continuons à exiger un embargo d’armes bilatérales réel et complet. Nous ne voulons pas que les armes et les composants des bras de fabrication canadienne continuent d’alimenter ce génocide après deux ans. »
Rama Al Malah, manifestante
Hicham Chebahi, présent à la manifestation depuis deux ans, a exprimé son espoir de voir Israël « arrêter le génocide », tout en appelant le Canada à cesser de fournir des armes à Israël.
La rabbin Lisa Grushcow a quant à elle souligné l’urgence de retrouver les otages :
« Il est très difficile de savoir ce qui viendra ensuite ou d’avoir confiance en ce qui va venir, mais il y a énormément d’espoir parce que cette situation ne peut pas être tenable pour toujours. »
Lisa Grushcow, rabbin de Montréal
Depuis le 7 octobre 2023, plus de 67 000 personnes ont péri dans la bande de Gaza, selon les autorités locales.