Publié le 28 décembre 2025 19:30:00. L’Amérique latine connaît un virage politique à droite, marqué par des élections successives où les candidats conservateurs l’emportent, privilégiant la sécurité et l’économie face aux préoccupations idéologiques traditionnelles.
- Le Honduras a rejoint le Chili, l’Équateur et la Bolivie en élisant un président de droite.
- Les préoccupations économiques et la criminalité sont devenues des enjeux électoraux primordiaux pour les électeurs latino-américains.
- L’administration Trump a apporté un soutien actif aux forces de droite dans la région.
Après le Chili et l’Équateur, le Honduras a confirmé la tendance à la droite en Amérique latine avec l’élection de Nasri Asfura, mettant fin à une période de gouvernements de gauche. Cette vague conservatrice, qualifiée de « marée bleue », s’étend sur le continent, où les préoccupations liées à la sécurité et à la situation économique éclipsent désormais les clivages idéologiques traditionnels.
Nasri Asfura, le président élu du Honduras, prendra ses fonctions en janvier prochain. Son programme met l’accent sur la coopération avec les États-Unis et la mise en œuvre de politiques favorables aux entreprises. Il rejoint ainsi José Antonio Kast au Chili, qui a promis une approche ferme face à la criminalité et à l’immigration illégale, et Daniel Noboa en Équateur, qui a mobilisé l’armée pour lutter contre les gangs.
En Bolivie, le nouveau président centriste, Rodrigo Paz, a également mis l’accent sur la nécessité de relancer l’économie et d’améliorer les relations avec les États-Unis. Lors de son investiture, il a déclaré :
« L’idéologie ne remplit pas la table. »
Rodrigo Paz, Président de la Bolivie
Ce basculement politique s’explique en partie par un sentiment d’insécurité croissant et des difficultés économiques, notamment l’inflation. Ha Sang-seop, professeur au Département d’études stratégiques et régionales de l’Académie diplomatique nationale, souligne que :
« Le facteur clé de la récente tendance à droite en Amérique latine est le mécontentement à l’égard de la situation économique, comme une inflation élevée. Les électeurs d’Amérique latine accordent plus d’importance à l’économie et à la sécurité qu’aux questions d’idéologie ou de dictature. »
Ha Sang-seop, Professeur au Département d’études stratégiques et régionales de l’Académie diplomatique nationale
L’administration Trump a joué un rôle non négligeable dans ce contexte, en apportant un soutien actif aux forces de droite pro-américaines. Par exemple, elle a promis un investissement de 40 milliards de dollars et un accord d’échange de devises en Argentine avant les élections de mi-mandat d’octobre prochain, permettant au parti au pouvoir de remporter une victoire significative. Javier Milei, surnommé le « Trump de l’Amérique du Sud », a d’ailleurs affiché ses liens étroits avec l’ancien président américain lors de ses nombreux voyages aux États-Unis.
Les dirigeants de droite latino-américains semblent adopter les positions politiques clés de Donald Trump, notamment en matière d’immigration, de lutte contre la criminalité et de politique économique favorable au marché. Le président salvadorien Nayib Bukele a également cherché à s’aligner sur Trump en acceptant d’accueillir les immigrants illégaux expulsés par l’administration américaine dans ses établissements pénitentiaires.
La tendance à la « marée bleue » devrait se poursuivre l’année prochaine, avec des élections présidentielles prévues au Brésil, en Colombie, au Pérou et au Costa Rica. Les prévisions indiquent une possible victoire des candidats conservateurs au Costa Rica et au Pérou, tandis que la situation en Colombie et au Brésil reste plus incertaine.