Home AffairesLa NAMA a « largement réussi » son processus de vente d’actifs

La NAMA a « largement réussi » son processus de vente d’actifs

by Amélie Bernard

Publié le 27 novembre 2023 13h08:00. L’Agence Nationale de Gestion des Actifs (NAMA), créée pour gérer les actifs immobiliers toxiques suite à la crise financière de 2008, a largement atteint ses objectifs, selon une étude indépendante. L’agence, qui doit être dissoute cette année, a généré un excédent de 5,5 milliards d’euros pour l’État irlandais.

  • La NAMA a vendu des prêts immobiliers acquis pour 30 milliards d’euros (initialement valorisés à 70 milliards d’euros) avec un bénéfice net de 5,5 milliards d’euros.
  • L’étude souligne l’efficacité de la NAMA à maximiser la valeur des actifs, même si des opportunités d’optimisation subsistent.
  • L’agence a également joué un rôle crucial dans la recapitalisation du système bancaire irlandais et a contribué à la construction de plus de 40 000 logements.

Une évaluation indépendante, menée par le professeur John Fitzgerald, conclut que la NAMA a globalement réussi dans la gestion de la vente de ses actifs. Créée en 2009, l’Agence Nationale de Gestion des Actifs (NAMA) avait pour mission de prendre en charge les prêts immobiliers non performants des banques irlandaises, fragilisées par l’éclatement de la bulle immobilière. Les banques ont reçu une aide de l’État pour combler les pertes liées à ces actifs transférés à la NAMA.

L’étude examine en détail la manière dont la NAMA a acquis les actifs auprès des cinq principales institutions financières irlandaises : Anglo Irish Bank, AIB, Bank of Ireland, Irish Nationwide Building Society et EBS. Elle analyse également si l’agence a atteint son objectif principal, qui était de maximiser la valeur récupérée pour l’État, et compare ses performances à celles d’autres agences similaires à l’étranger.

Selon le professeur Fitzgerald, la valorisation initiale des actifs, compte tenu du contexte économique de l’époque, s’est avérée raisonnable.

« Alors que la NAMA arrive à son terme après 15 ans, il est clair que la valorisation initiale des actifs en difficulté, en termes de valeur à long terme, était raisonnable, et que le bénéfice final de plus de 5 milliards d’euros réalisé par la NAMA est approprié sur la base du risque-rendement. »

Professeur John Fitzgerald

Il reconnaît toutefois qu’il aurait pu être possible d’obtenir des profits plus élevés en conservant certains actifs plus longtemps, et que dans d’autres cas, la NAMA a pu vendre certains biens à un prix supérieur à leur valeur actuelle.

L’étude souligne que la stratégie de la NAMA pour gérer, développer et céder ces actifs a été globalement couronnée de succès, même si le processus a pris plus de dix ans, au lieu des dix années initialement prévues.

« En adoptant une approche plus flexible quant à la date d’achèvement, nous avons maximisé le profit de l’État. »

Professeur John Fitzgerald

Au-delà de la simple vente d’actifs, la NAMA a également soutenu le développement de plus de 40 000 logements, contribuant ainsi à relancer le secteur de la construction.

Le professeur Fitzgerald estime que l’excédent cumulé de 5,5 milliards d’euros représente un rendement raisonnable sur l’investissement initial. Il ajoute que la NAMA a joué un rôle crucial dans l’identification des problèmes au sein des institutions financières en évaluant avec précision les prêts au moment de leur acquisition, ce qui a permis de déterminer l’ampleur de la recapitalisation nécessaire du système bancaire. Il met également en avant la pertinence de la résistance du gouvernement et de la NAMA aux pressions extérieures pour accélérer la vente des actifs.

L’étude conclut également que la NAMA a créé une plateforme centralisée efficace pour gérer un portefeuille complexe de prêts et de propriétés. Les banques, selon le rapport, ne disposaient pas de l’expertise nécessaire pour gérer un tel volume d’actifs problématiques. Aidan Williams, le président de la NAMA, a déclaré que l’agence représentait une intervention gouvernementale significative dans un contexte de crise sans précédent. Brendan McDonagh, le directeur général de la NAMA, a souligné que l’agence avait atteint son objectif principal : générer un excédent significatif pour l’État tout en rétablissant la stabilité du secteur bancaire et de l’économie irlandaise.

Professeur John Fitzgerald
Professeur John Fitzgerald
Le logo NAMA sur un morceau de verre

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