Publié le 20 novembre 2025 à 05h10. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a exprimé son mécontentement après le retrait de l’Australie de la course à l’organisation de la COP31, laissant la Turquie prendre la tête de cette conférence cruciale sur le climat. Cette décision, qui aurait pu mettre en lumière les vulnérabilités des petits États insulaires du Pacifique, suscite des inquiétudes quant à l’engagement réel des pays développés face à l’urgence climatique.
- L’Australie a renoncé à co-organiser la COP31 avec les nations insulaires du Pacifique, cédant son droit d’organisation à la Turquie.
- La Papouasie-Nouvelle-Guinée critique le processus décisionnel de la COP, le jugeant inefficace et incapable de responsabiliser les principaux pollueurs.
- Les dirigeants des îles du Pacifique craignent que cette décision ne marginalise davantage leurs voix et ne limite les solutions concrètes face aux défis du changement climatique.
La décision australienne a provoqué une onde de choc dans la région Pacifique, où les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique espéraient que l’organisation conjointe de la COP31 permettrait de sensibiliser la communauté internationale à leurs préoccupations. Le ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Justin Tkatchenko, n’a pas caché sa déception.
« Nous ne sommes pas tous contents. Et déçus que cela se soit terminé ainsi. »
Justin Tkatchenko, ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée
L’Australie avait initialement misé sur l’organisation d’une « COP du Pacifique », en partenariat avec les nations insulaires, afin de mettre en avant leur exposition particulière à la montée du niveau de la mer et aux catastrophes naturelles liées au climat. Cependant, face au refus de la Turquie de renoncer à son droit d’organisation, le Premier ministre australien Anthony Albanese a finalement annoncé qu’il ne s’opposerait pas à la candidature turque. L’Australie assumera désormais la présidence des négociations entre les gouvernements lors de la conférence.
Cette volte-face a ravivé les critiques à l’égard de l’engagement climatique de l’Australie, un pays longtemps dépendant des exportations de combustibles fossiles. L’ancien Premier ministre de Tuvalu, Bikenibeu Paeniu, a dénoncé un manque d’engagement envers la justice climatique.
« Les pays du Pacifique devraient sérieusement repenser leurs relations avec l’Australie. »
Bikenibeu Paeniu, ancien Premier ministre de Tuvalu
Tuvalu, un archipel particulièrement vulnérable à l’élévation du niveau de la mer, pourrait devenir inhabitable d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites.
Au-delà de la déception liée à la perte de l’organisation de la COP31, les dirigeants du Pacifique expriment une frustration plus large face à l’inefficacité des sommets climatiques. Selon Justin Tkatchenko, la COP est devenue
« juste un festival de discussions qui ne tient pas les grands pollueurs pour responsables. »
Justin Tkatchenko, ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Les conférences annuelles sur le climat, qui constituent le principal forum mondial pour promouvoir l’action climatique, sont également critiquées pour leur incapacité à traduire les engagements en actions concrètes. Entre 2008 et 2017, environ 320 000 personnes dans le Pacifique ont été déplacées en raison de catastrophes naturelles, selon l’Organisation internationale pour les migrations. La NASA prévoit que le niveau de la mer pourrait augmenter jusqu’à 15 centimètres au cours des 30 prochaines années, menaçant l’existence même de certains États insulaires.
Avec l’Agence France-Presse