Home Des sportsLa position de Tuchel à Bellingham pourrait aider l’Angleterre à la Coupe du monde

La position de Tuchel à Bellingham pourrait aider l’Angleterre à la Coupe du monde

by Camille Renault

Une décision surprenante de Thomas Tuchel a semé le trouble dans le camp anglais de football : l’exclusion de Jude Bellingham, star du Real Madrid, de la sélection pour les prochains matchs contre le Pays de Galles et la Lettonie. Cette mise à l’écart, officiellement justifiée par un manque de rythme, soulève des questions sur l’intégration du jeune prodige au sein de l’équipe nationale.

L’entraîneur allemand n’a pas hésité à justifier son choix en termes de performance pure, affirmant que Bellingham n’avait pas encore retrouvé son meilleur niveau après une intervention chirurgicale à l’épaule. Il a également souhaité récompenser le groupe qui a décroché une victoire éclatante 5-0 en Serbie en maintenant une composition d’équipe inchangée, avec l’unique remplacement de Callum Hudson-Odoi, blessé, par Bukayo Saka.

Cependant, l’observation de plusieurs sources proches de l’équipe suggère qu’il y a bien plus en jeu. Des tensions seraient apparues au sein du vestiaire, certains coéquipiers de Bellingham semblant mal accueillir son attitude parfois perçue comme condescendante. « On remarque quand il n’est pas là », a confié son coéquipier Anthony Gordon. « C’est une grande présence, un si grand joueur. »

Tuchel, connu pour ne pas reculer devant les confrontations, semble vouloir envoyer un message clair : le talent individuel ne suffit pas. Il a rappelé que d’autres joueurs, tels que Cole Palmer, Morgan Rogers et Morgan Gibbs-White, sont en lice pour le poste de numéro 10. « Combattez pour votre place comme tout le monde. Il n’y a pas de favoris ici », a-t-il implicitement déclaré.

Cette approche rappelle celle de Sir Alf Ramsey, le seul sélectionneur anglais à avoir remporté la Coupe du monde en 1966, qui aimait maintenir un certain mystère autour de ses choix de composition d’équipe. L’épisode où Ramsey a répondu d’un glacial « Voulez-vous ? » au gardien Gordon Banks, qui lui avait dit « À la prochaine, patron » en quittant le camp d’entraînement, est resté légendaire.

L’objectif de Tuchel est clair : bâtir une équipe unifiée, débarrassée des divisions qui ont souvent miné les campagnes anglaises précédentes, à l’image de la France en 2010 ou de l’Espagne avant son âge d’or. Il s’appuie sur les constats de Steven Gerrard, qui a souligné que les équipes nationales talentueuses dans lesquelles il a joué avaient échoué en raison d’égoïsme et de clivages entre les joueurs de différents clubs.

L’incident rappelle également une remarque controversée de Tuchel l’année dernière, où il avait qualifié le comportement de Bellingham sur le terrain de « répugnant », avant de se rétracter et de s’excuser. Cette déclaration, bien que regrettée, reflétait un certain malaise face à l’attitude du joueur.

Bellingham, qui a disputé 282 matchs en club et a été international anglais à 44 reprises, est conscient de l’image qu’il projette. Il a lui-même admis adopter une « image machiste » pour détourner l’attention de ses vulnérabilités. Reste à savoir si cette mise au défi de Tuchel le poussera à encore progresser et à devenir un atout encore plus précieux pour l’Angleterre en vue de la Coupe du monde à venir.

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